Motion de censure … bien méritée !

Chacune, chacun, a le droit d’avoir un avis négatif ou positif,  …. MC

L’avis du PCF, (après le communiqué de presse de LFI, les avis de G. Pelletier – LR et O. Faure – PS)

[…] En choisissant de brandir l’arme ultime pour imposer sa réforme des retraites, sans vote des députés, Édouard Philippe parachève un véritable coup d’État social : il détruit un des piliers de notre organisation sociale, au plus grand mépris de la vive désapprobation des Français, manifestée depuis des mois.

Face à cette dérive autoritaire inacceptable, les groupes d’opposition vont tenter, aujourd’hui à l’Assemblée nationale, de pousser le premier ministre à présenter la démission de son gouvernement. C’est dans cet objectif que deux motions de censure ont été déposées samedi, juste après le recours au 49.3.

  • L’imposture et l’infâmie

« Les violences contre le Parlement sont dirigées contre le peuple lui-même », rappellent les députés PCF, FI et PS dans leur texte commun. « Après avoir ignoré le large mouvement de contestation de cette réforme, refusé une concertation approfondie avec les syndicats, le gouvernement a pris la décision de piétiner les droits du Parlement », ajoutent les élus communistes, pour qui cette réforme est plus que jamais « marquée du sceau de l’imposture et de l’infamie ». […] Le texte des groupes de gauche cite d’ailleurs abondamment l’avis du Conseil d’État sur la réforme des retraites, selon lequel le projet présenté aux députés par la Macronie est insincère et lacunaire.

« Nous avons tenté d’obtenir des réponses dans l’Hémicycle, mais le gouvernement a escamoté le débat. Nous avons eu face à nous un mur de silence », s’indigne le député PS Boris Vallaud.

« Le débat de fond avait lieu grâce à nos amendements, c’est pour cela qu’ils l’ont interrompu si tôt », pointe aussi l’insoumis Adrien Quatennens.

Car le 49.3 a été dégainé « au moment où le Parlement abordait les articles les plus importants du texte, relatifs à l’âge d’équilibre et à la valeur du point, sur lesquels ni le gouvernement ni la majorité ne souhaitaient engager la discussion », accusent les députés PCF.

L’exécutif a tout fait pour masquer la réalité de son projet, à savoir une baisse des pensions et un report l’âge de départ.

Avant même d’utiliser le 49.3, il avait déjà composé son texte de 29 ordonnances sur 65 articles, tentant de contraindre dès le départ les députés à un rôle de spectateurs. « Un tel dessaisissement du pouvoir législatif du Parlement est inédit », fustigent les auteurs de la motion.

  • Cynisme » et « sectarisme

Confrontés à un tel « simulacre de démocratie », les signataires estiment d’autant plus « inacceptable » de laisser passer une réforme qui va « changer la nature de notre Sécurité sociale pour des millions de personnes », en sabordant l’héritage du Conseil national de la Résistance.

Ils appellent donc à censurer le gouvernement, tout comme les députés LR. […] Damien Abad, le président du groupe LR, s’étouffe également devant les arguments de la Macronie, qui assure que des amendements votés en séance seront repris dans la version finale du texte. « Dans son cynisme, le gouvernement ne reprend que des amendements rédactionnels ou accessoires. Sur les cinq amendements LR intégrés au nouveau texte, trois sont rédactionnels et deux sont consensuels », s’offusque-t-il, dénonçant le « sectarisme » de l’exécutif.

Tout comme les députés de gauche, il ne sera sans doute pas entendu, aujourd’hui dans l’Hémicycle, par les parlementaires LR-EM. Mais la bataille législative n’est pas terminée : le volet organique de la réforme devra ensuite être examiné, et il est impossible d’utiliser à nouveau le 49.3 pour le faire passer.


Aurélien Soucheyre. L’humanité. Titre original : « démocratie. Une paire de motion de censure bien méritée ». Source (extrait)