Mépriser la démocratie

Chacune, chacun, a le droit d’avoir un avis négatif ou positif, … . MC

L’avis d’Olivier Faure, (après celui de G. Pelletier-LR)

« Le Parisien » Deux motions de censure seront soumises, ce mardi, au vote des députés. Une certitude : aucune d’entre elles ne sera adoptée, le gouvernement bénéficiant d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. En outre, le projet de loi doit [maintenant] passer sous les fourches caudines du Sénat avant l’examen de la loi organique portant notamment sur la valeur du point. Avec l’impossibilité, cette fois, d’y mettre un terme (avant six mois) Un seul 49.3 par session parlementaire) …

  • Pourquoi cette motion de censure contre le gouvernement ?

Olivier Faure. Parce que ce gouvernement méprise la démocratie. Il fallait lui répondre avec les moyens autorisés par la Constitution. C’est symbolique puisque ce gouvernement ne sera pas censuré, mais c’est une manière de prendre date.

  • Prendre date, c’est-à-dire ?

C’est une façon de marquer une opposition claire et de dire que sur un sujet aussi important ce gouvernement mériterait d’être renvoyé dans ses foyers parce qu’il n’est pas à la hauteur.

  • Reconnaissez-vous qu’il y a eu, dans le débat parlementaire, obstruction de la part du PCF et des députés Insoumis ?  [mais non la question n’est pas orientée, vous prêtez de ces intentions aux journalistes … MC]

La réalité, c’est que sur un texte qui remet en cause soixante-quinze ans de notre histoire sociale, il n’était pas inutile d’avoir quatre ou cinq semaines de débat. Le débat parlementaire a permis de faire apparaître progressivement des sujets qui étaient restés dans l’ombre. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement a choisi, au bout de deux petites semaines, d’interrompre le débat alors qu’on allait aborder les sujets brûlants, la valeur du point, l’âge d’équilibre, la pénibilité…

Le groupe socialiste a tout fait pour alimenter ce débat parce qu’il est éclairant sur le caractère factice des annonces du gouvernement. C’est la raison pour laquelle, […] nous voulons le prolonger par une commission d’enquête sur l’étude d’impact orientée et les simulations truquées.

  • Vous critiquez l’utilisation du 49-3 mais les socialistes au pouvoir ne s’en sont jamais privés…

Le précédent de Michel Rocard est constamment évoqué mais il n’a utilisé le 49-3 que parce qu’il ne disposait pas de majorité. Le gouvernement d’Edouard Philippe n’a aucune raison de recourir à cette faculté. D’autant moins que le projet n’a jamais été validé par les Français. Emmanuel Macron s’était engagé dans l’élection à ne pas reculer l’âge de départ ni à baisser les pensions. Bingo, il fait les deux !

  • Les élections municipales constitueront pour vous un test pour la majorité ?

L’exécutif n’a voulu entendre … ni le Conseil d’État, ni les syndicats, ni les avocats, ni les infirmières, ni tous les Français qui ont manifesté leur désaccord. Il contourne maintenant les parlementaires. Les 15 et 22 mars, les électeurs auront l’occasion avec leur bulletin de vote d’adresser un carton rouge au gouvernement.

  • Le PS va-t-il soutenir la mobilisation des syndicats ?

Nous nous joindrons aux cortèges pour manifester avec les Français notre désaccord sur une réforme aussi injuste qu’improvisée et sur une méthode inacceptable.

  • Le gouvernement déclare que les élections municipales auront bien lieu mais en précisant « pour le moment ». Cela n’introduit-il pas un élément de perturbation sur la campagne ?

Au stade où nous en sommes, je m’en tiens aux propos du Premier ministre qui a dit qu’il n’envisageait pas de repousser les élections.


Jannick Alimi et Philippe Martinat. Le Parisien. Titre originales : « 49. 3 : pour Olivier Faure, « ce gouvernement méprise la démocratie ». Source (très court extrait)