Ils prévoyaient …

Le Canard enchaîné, dont l’article est extrait a été mis en vente le 26 février, il est donc arrivé au dépôt presse le mardi 25, a certainement été imprimé le 17 août 18 février par conséquent les articles ont une dû être remis au prestataire imprimeur entre le 14 et le 17 au matin (Week end ). En conséquence de quoi il est possible d’affirmer que l’État prévoyait l’évolution très possible du coronavirus sur notre territoire à partir de cette date. D’où l’article qui suit. MC

Virus et commerce !

Le ministère de la Santé a fait ses calculs : pour équiper les soignants, les flics et les pompiers face à l’épidémie de coronavirus, « il faudra 200 millions de masques FFP2 sur les trois prochains mois », confie une huile du ministère.

Ces masques qui empêchent d’être contaminé ont une « durée de vie » de trois heures seulement. D’où la commande de « plusieurs dizaines de millions de masques » annoncée, sans plus de précisions, dimanche 23 février, par le nouveau ministre, Olivier Véran.

En France, les possibilités de fabrication s’élèvent à 40 millions d’unités par mois. Il faudra donc y ajouter des commandes à l’étranger. En espérant que les prix ne s’envolent pas plus vite que l’épidémie…

Car, dans les hôpitaux, les factures grimpent déjà à une vitesse vertigineuse. Exemple : entre le 20 janvier et le 4 février, le tarif facturé par un distributeur français, Parédes, a quasi triplé. Selon des bons de commande consultés par « Le Canard », la boîte, qui fournit notamment des hôpitaux bretons, a multiplié le prix de ses masques par 2,66 !

A pleins poumons

Ce n’est pas de la gourmandise, jure une porte-parole de la société dans un mail au « Canard » : « Notre politique est simplement de répercuter à nos clients l’augmentation du prix d’achat des masques, qui ont fait X 3 (triplé) depuis le 1er février auprès de notre [propre] fournisseur ».  

Bonjour l’inflation ! Dans un courrier adressé à ses clients le 6 février, la directrice marketing de Parédes justifiait cette explosion : la pandémie entraîne « une augmentation exponentielle de la demande en masques respiratoires, alors même que l’offre diminue de manière drastique (…). Cette situation inflationniste se répercute sur le prix de vente des masques par nos fournisseurs, dont la variation est quasi quotidienne », et « nous nous trouvons contraints d’accepter [ces] nouvelles conditions tarifaires ». Et la boîte de prévenir les hostos : « En cas de refus de ces hausses de prix, nous ne serons plus en mesure de vous proposer des masques respiratoires, pour lesquels nous n’avons plus aucun stock. » Asphyxiant !

Sur Internet, des petits malins ont aussi flairé l’épidémie de bonnes affaires. Le dimanche 23 février, un lot de 20 masques FFP2 était en vente sur le site eBay au prix de 16 euros. Le lendemain matin, alors que l’inquiétude en Italie avait franchi un nouveau cap, le même lot était affiché à… 32 euros !

Quelques heures plus tard, banzaï ! Le produit était épuisé : « 0unité disponible à la vente », indiquait le site marchand. Mais pas pour longtemps : à 20 h 30, le lot était de retour… pour 39 euros ! Bas les masques !


Article signé des initiales J. C. – Le Canard enchaîné. 26/02/2020