Une strate administrative ?

Cette strate très méconnue de la plupart des électeurs …

… n’est autre que la concentration d’intercommunalités autour d’une des 4-5 villes très importantes de France. Elles ont une gestion particulière, reste que la base est l’élection municipale… d’où l’importance des municipales bien plus que ne veulent sous-entendre les membres du gouvernement et le premier d’entre eux.

En exemple : les municipales à Rouen – ces dispositions sont tout aussi valables pour d’autres villes d’importance comprise une Métropole administrative. MC


Dans les grandes villes, l’enjeu des élections, c’est aussi la désignation du président de la Métropole. Cette entité administrative est une sorte d’assemblée des villes qui la composent.

L’enjeu est d’importance, car les compétences de la Métropole sont vastes et vont de l’urbanisme aux transports, en passant par le développement économique, les déchets, l’eau, l’enseignement supérieur… Les métropoles sont ni plus ni moins que la concentration d’intercom’s en ruralité et de part leurs compétences accrues sont pratiquement un jeu de pouvoir, se confrontant souvent avec les compétences du département et de la région ! Un royaume dans un royaume en quelque sorte.

Le budget de la Métropole Rouen Normandie, de plus de 811 millions d’euros, est aussi sans commune mesure avec celui de la Ville de Rouen.

En général, la «ville centre», de par son nombre d’habitants, est majoritaire. Pas à Rouen, qui, avec ses 110.000 habitants, ne fait pas le poids face aux 70 autres communes et leurs 500 000 citoyens.

En clair, le futur maire de Rouen n’obtient pas, de fait, la majorité suffisante pour prétendre au fauteuil de président de la Métropole. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, « porter un projet municipal sans prendre ça en compte n’est pas sérieux ». Il raconte à qui veut l’entendre qu’il travaille depuis plus d’un an à « monter une majorité pour la Métropole » et tacle son adversaire écolo pour son manque de soutiens EELV à la Métropole. « C’est le vieux réseau socialiste qui se restructure. Et sur ce plan, Rossignol est le mieux placé », observe un commentateur de la vie politique locale.

Mais Jean-Michel Bérégovoy reste serein, sûr d’être porté par ce « moment écolo » qu’il sent monter à Rouen et ailleurs (1). Il raille les ambitions de son principal adversaire : « Se présenter aux municipales en ne pensant qu’à la Métropole, c’est bizarre, non ? Et puis, rien ne dit que Rossignol sera en tête au premier tour. Les Rouennais veulent un maire de proximité, à plein temps et qui se bat contre les lobbies industriels. Un maire qui ne fait pas que parler d’écologie, mais qui la met en pratique. » Et de détailler les victoires arrachées, comme la révision à la baisse des contrats d’ingénierie de sociétés qui gonflent les devis, ou encore le retour en régie de l’eau contre Veolia. Une époque où PS et EELV travaillaient ensemble.


Natacha Devanda. Charlie Hebdo. 26/02/2020


  1. Un sondage de l’Ifop sur les municipales datant de début septembre le donnait très largement en tête.