Étiquettes

Drôle de guerre à l’Assemblée nationale. Les groupes politiques qui bataillent avec la majorité sur la réforme des retraites attendent le déclenchement du 49-3.

Cette disposition de la Constitution, qui doit faire l’objet d’une délibération en Conseil des ministres, permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote. Toujours chargé d’électricité, le temps est désormais suspendu à la décision d’Édouard Philippe.

 [Il semble bien que l’assemblée s’arrange] à occuper le terrain dans l’antichambre de la décision gouvernementale. Il faut, pour les oppositions, montrer à quel point le déclenchement du 49-3 serait un acte autoritaire et si peu soucieux de la démocratie parlementaire.

[…]

[Les opposants] ont dénoncé, dès le dépôt du texte, la procédure accélérée, le peu de temps pour prendre connaissance du projet de loi et de l’étude d’impact, la volonté du gouvernement de boucler le débat avant la trêve des municipales et, plus largement, un calendrier intenable au regard de l’enjeu sociétal de la réforme.

Le gouvernement se retrouve pris à son propre piège de l’écrasement du Parlement. Le Palais-Bourbon étant en travaux tout l’été, les députés ne pourront siéger. Et tout à son identité politique qui veut qu’il faut réformer la France à un rythme soutenu, l’exécutif ne veut pas lâcher quelques semaines supplémentaires à ses adversaires.

Mais il est aussi confronté à une majorité qui ne souhaite pas renvoyer une image de faiblesse et d’incapacité à se tenir debout alors qu’elle contrôle l’Assemblée. Celle-ci a d’ailleurs obtenu de siéger encore un week-end ainsi que la semaine précédant la trêve prévue pour deux semaines pour les municipales, à partir du 9 mars.

[…]

Le 49-3 plane donc au-dessus des bancs, laissant chacun et chacune émettre des hypothèses, adapter les stratégies, glisser les petites phrases vachardes et jouer au poker menteur. D’une certaine façon, l’Assemblée retrouve une atmosphère « vieux monde ». Les experts du rappel au règlement et des subtilités des sous-amendements s’allient aux bretteurs et aux orateurs face à une majorité submergée par les mises en cause répétitives sur un « texte à trou ».

En s’opposant à cette réforme systémique, LFI fait le job pour lequel elle a été élue, les communistes (GDR) y ajoutent l’expérience du combat législatif, les socialistes (PS) se déportent à gauche à coups d’arguments ciblés et Les Républicains (LR) se refont une santé avec force saillies et coups politiques.

Dernier en date pour la droite, le 25 février : une proposition de résolution demandant au gouvernement de suspendre la discussion en attendant la fin de la conférence de financement pour avoir l’ensemble des cartes en main et discuter plus sereinement. Raisonnablement difficile à rejeter, politiquement impossible à accepter pour LR-EM.

[…]


Médiapart dans un article titré Retraites: les députés LREM attendent la fumée blanche du 49.3 signé de Manuel Jardinaud. Source (Extrait très court)