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Il n’est pas question d’ajouter a la psychose de cette propagation. Juste de constater que l’évolution de cette épidémie, va contribuer a mettre à jour les réelles difficultés rencontrées par le service public de santé, suite a l’asséchement des budgets consacrés à la santé, les hôpitaux, les hospitaliers, et par la volonté de l’Etat de passer les services de soins dans le privé commercialisé. MC

« On a devant nous une crise, une épidémie qui arrive. Cela suppose de s’organiser et de l’affronter au mieux », affirme, laconique, Emmanuel Macron.

Devant la dizaine de médecins de La-Pitié-Salpêtrière à Paris (XIIIe) qu’il a face à lui, le chef de l’Etat n’est pas fataliste, mais réaliste : le coronavirus est bien parti pour se propager sur toute la France.

 […] Deux heures d’une visite tenue secrète jusqu’au dernier moment, accompagné du nouveau ministre de la Santé Olivier Véran, mais aussi de Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, et de Martin Hirsch, le patron de l’AP-HP (Assistance publique- Hôpitaux de Paris).

Manière d’envoyer le signal qu’aux plus hauts étages du pouvoir, on a pris la mesure de l’enjeu et qu’on entend bien assumer ses responsabilités. […]

Mais le message de ce jeudi avait aussi une autre vocation : adresser un soutien inconditionnel aux personnels de santé confrontés à la gestion de cette crise sanitaire de grande ampleur. « Tous nos concitoyens comptent sur vous et savent reconnaître votre professionnalisme », loue Emmanuel Macron devant eux, dans une petite salle du bâtiment flambant neuf Eole, qui accueille le service réanimation et les traitements des maladies respiratoires.

Sauf qu’en retour, c’est à la lassitude d’un personnel confronté aux manques criants de moyens qu’il a dû répondre.

« Nous sommes épuisés. Nous avons beaucoup donné en deux jours », l’interpelle une médecin, après l’afflux de patients arrivés aux urgences. « Si on a 1.000 personnes, le système n’aura aucun problème pour prendre en charge. Mais si c’est 10.000 personnes ou 10 millions dans un espace très réduit de temps, on va avoir de grosses difficultés », alerte à son tour le professeur Eric Caumes, chef de service des maladies infectieuses, tout en admettant que « le virus se transmet probablement beaucoup mieux que ce qu’on pensait ».

Plus cash, cette interpellation devant les caméras du docteur François Salachas, neurologue et membre du collectif interhôpitaux : « Quand il a fallu sauver Notre-Dame, il y a eu beaucoup de monde. Mais là je vous le dis : il faut sauver l’hôpital public car il est en train de flamber », attaque-t-il d’abord. Il dénonce ainsi les 900 postes actuellement vacants, « et le fait qu’on ne voit rien venir ». «Les manques sont urgentissimes » […] « Sans injection de moyens rapides, nous ne pourrons pas faire face à ce type de crise ! » enchaîne, alarmiste, le médecin, assurant que « la situation s’est aggravée et que c’est maintenant au président de la République, le protecteur de la nation, d’agir ». […]


Olivier Beaumont. Le Parisien. Titre original : « Coronavirus : Macron rattrapé par la crise de l’hôpital public ». Source (Extrait)