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Certes on lui demande pas grand-chose, juste d’être efficace alors que se profile un problème sanitaire d’envergure, mais c’est plus fort que lui « faut qu’il en fasse des tonnes ». MC

On a donc découvert dimanche le successeur d’Agnès Buzyn, Olivier Véran, neurologue grenoblois de 39 ans, avec son débit de mitraillette, sa démarche rapide et cette certaine idée de lui-même qu’il affiche où qu’il soit.

Pas de panique, Olivier sait tout faire.

Le poste de rapporteur général de la commission des Affaires sociales, qu’il occupait jusqu’à l’affaire Griveaux, l’a préparé à toute éventualité. « Je suis prêt, je le suis depuis longtemps », a-t-il assuré peu après sa nomination, ajoutant : « Il y a la crise du coronavirus à gérer, la réforme des retraites à l’Assemblée, que je connais parfaitement. » Et la crise de l’hôpital public ? « Je connais la situation. » Et les amendements à la pelle ? « Je sais travailler avec l’opposition. J’ai reçu des messages de parlementaires de l’opposition se réjouissant de ma nomination. »

Le poste de rapporteur général de la commission des Affaires sociales, qu’il occupait jusqu’à l’affaire Griveaux, l’a préparé à toute éventualité. « Je suis prêt, je le suis depuis longtemps », a-t-il assuré peu après sa nomination, ajoutant : « Il y a la crise du coronavirus à gérer, la réforme des retraites à l’Assemblée, que je connais parfaitement. » Et la crise de l’hôpital public ? « Je connais la situation. » Et les amendements à la pelle ? « Je sais travailler avec l’opposition. J’ai reçu des messages de parlementaires de l’opposition se réjouissant de ma nomination. »

En voilà, une bonne nouvelle.

Il a voulu montrer sa science et son aisance au Sénat lors des questions au gouvernement, avec un succès mitigé.

  • « Il nous a fait le coup du ministre qui parle sans notes et domine tous les sujets, mais ça n’a pas impressionné grand monde. On commence à être habitués à tous ces soi-disant cadors de la Macronie. On s’est juste dit qu’il faudrait élargir les portes pour qu’il puisse entrer sans difficulté dans l’hémicycle », rigole la sénatrice socialiste de l’Oise Laurence Rossignol.
  • « C’est un bosseur, mais il est sûr d’avoir toujours raison et il a un tout petit peu les dents qui rayent le parquet », sourit Jean-Pierre Door, député (LR) du Loiret et membre de la commission des Affaires sociales.
  • Une assurance qui ne date pas d’hier. « Je l’ai vu, tout jeune diplômé de son master de santé publique à Sciences-Po, expliquer à de vieux patrons au CHU comment on allait faire le virage ambulatoire », a confié aux « Echos » Olivier Casez, lui aussi neurologue à Grenoble.

La Santé, c’est le travail

Venu du PS, Véran fut suppléant de Geneviève Fioraso et devint député quand la titulaire entra au gouvernement, en 2012. Il s’épanouit à l’Assemblée, c’était le rêve de sa vie. […] il a croisé en 2015 la route d’Emmanuel Macron, et les deux hommes se revoient.

Même ambition, même génération, même petit côté « je dors quatre heures par nuit et je vous prends sur n’importe quel sujet ». Il devient le spécialiste des dossiers santé à En marche ! On le voit beaucoup sur les plateaux de télé, il est toujours dispo, on le juge « brillant » Il croit son heure arrivée, en 2017, quand il est élu député, mais c’est Buzyn qui attrape le maroquin. […]

Il faut qu’on parle de lui ; il l’aura, ce portefeuille. Il s’empare de tous les dossiers à la frontière du médical et du sociétal : taxe soda, autorisation du don de sang pour les homosexuels, ouverture de salles d’injection, expérimentation du cannabis thérapeutique, extrême maigreur des mannequins.

[…]


Anne-Sophie Mercier. Le Canard enchaîné. 26/02/2020