Refouloirs électoraux !

Tous ces élus véreux et leurs affaires portées en justice, font le lit du désengagement des citoyens envers les urnes. Vous noterez la concentration de ce genre d’affaires portées en justice, à quelques semaines d’élections.

Dessin d’Alice – Charlie Hebdo – 26/02/2020

[…] Après avoir vu François Fillon, en janvier 2017, s’ensabler dans la Sarthe et dans les affres du « Penelopegate » ses ambitions présidentielles, le voilà en correctionnelle. Il comparaît cette semaine pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux avec son épouse, Pénélope, et son suppléant, Marc Joulaud, devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, celle qui a lourdement condamné les époux Balkany. Pas exactement là où il s’imaginait il y a trois ans.

[…] à l’heure des comptes, la justice a déjà affiché les siens, au time près. La PME familiale Fillon, « pour des prestations fictives ou surévaluées » de Penelope, que son époux a fait indûment rémunérer, se voit ainsi réclamer par l’Assemblée, au bas mot, 1 million 53.000 euros.

Les fameux costumes Arnys sur mesure offerts par le sulfureux intermédiaire Bourgi, à qui Fillon affirme les avoir rendus et qui ont été placés sous scellés depuis, seront, eux, passés par pertes et profits.

Mais, entre la « pratique d’appropriation systématique » par la famille Fillon de l’enveloppe des collaborateurs parlementaires de l’ex-candidat à la présidentielle et le «caractère excessif» reconnu par le propriétaire de la « Revue des deux mondes » de la rémunération à 54.000 euros brut mensuels de Pénélope Fillon pour des notes de lecture aussi rares que sommaires, dont deux seulement furent publiées, la justice comme les défenseurs des prévenus auront déjà largement de quoi s’occuper.

Dessin de Juin – Charlie Hebdo – 26/02/2020

Au fil des trois semaines d’audience, qui, après un report pour cause de grève, démarrent vraiment ce mercredi [26/02/2020], le procès risque, à tous les sens du terme, de ne pas manquer d’intérêt.

En ces temps d’exigence de transparence, le cas de Pénélope F., si transparente qu’elle en était devenue invisible au point que personne ne l’a jamais vue travailler pour son époux, sera exemplaire. Et celui de François Fillon, déjà vieille France avant d’être devenu « ancien monde », restera un cas d’école.

De même que les pratiques personnelles de ce rigide apôtre de la rigueur la plus rigoureuse qui ont abouti, en 2017, à l’explosion d’une droite qu’il prétendait mener à la victoire. L’ex-champion des Républicains, dont l’empathie n’était pas la qualité première, compte très peu de vrais amis dans un parti qui aimerait l’avoir déjà oublié et qui semble commencer à s’en remettre un peu. […]

Mais les affaires collent encore aux semelles.

Après le procès Fillon, qui succède à celui des Balkany, viendront deux procès Sarkozy, un pour les écoutes, l’autre pour Bygmalion. Sans parler des difficultés de Rachida Dati, dans le cadre d’une enquête préliminaire, à justifier de ses prestations à 900.000 euros pour une filiale de Renault-Nissan époque Carlos Ghosn.

Dessin de Delambre – Le Canard Enchainé – 26/02/2020

Erik Emptaz. Édito du Canard Enchaîné (Extrait). 26/02/2020