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Le gouvernement français envisagerait d’assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments sans ordonnance.

Un projet contre lequel les pharmaciens sont vent debout, constate le quotidien autrichien Der Standard. Une brèche est ouverte, ont peu commenté les médias parisiens après la discrète annonce du gouvernement.

Le secrétaire d’État auprès du ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a fait savoir [5 février 2020] à l’issue du Conseil des ministres, que la vente de médicaments sans ordonnance allait être simplifiée, en particulier par le biais de la vente en ligne : les médicaments pourront être expédiés depuis des « locaux déportés », à la condition que ces derniers soient placés sous le contrôle d’un pharmacien d’officine.

Les pharmacies françaises avaient déjà le droit de prendre des commandes en ligne pourvu que le médicament soit disponible à l’officine. Cette barrière vient de tomber : dans la proposition du gouvernement, les pharmacies pourraient aussi vendre des médicaments (sans ordonnance uniquement) stockés sur un autre site.

La peur des “pharmacies Amazon”

Le changement semble minime de prime abord. Pour l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), c’est néanmoins la porte ouverte à la « marchandisation du médicament ».

Le président de l’USPO, Gilles Bonnefond, redoute que des plateformes comme Amazon ne s’associent à des chaînes de pharmacie, ce qui leur permettrait de satisfaire à des règles assouplies et de vendre elles-mêmes des médicaments à partir d’un site de stockage centralisé. Ouvrant ainsi la voie à une « ubérisation » et donc à une déprofessionnalisation du métier, comme ça a été le cas pour les taxis, s’agace Gilles Bonnefond.

Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, a répliqué [le 5 février] qu’il n’était « absolument pas prévu » que des plateformes comme Amazon entrent dans le cadre de cette loi. L’objectif est plutôt de faciliter l’accès aux médicaments dans les zones rurales, même si cette mesure pourrait également s’avérer utile dans les zones urbaines, où le foncier est plus cher. […]


Stefan Brändle. Der Standard Vienne . Lu dans courrier international : source (Extrait)


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Contexte

Le Sénat examine depuis le 17 février [2020] un projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique. L’article 34 de ce projet concerne la vente en ligne des médicaments sans ordonnance. Il prévoit de supprimer, pour ce type de transaction, l’autorisation préalable des agences régionales de santé et d’élargir le « périmètre des lieux possibles » pour les ventes en ligne. Le 19 février [2020], Olivier Véran, le nouveau ministre de la Santé, a déclaré au Sénat que la notion de « plateforme » de vente en ligne de médicaments serait supprimée des dispositions du projet de loi.