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Nous savons combien il est difficile d’établir ou de rétablir la vérité sur le sujet de la sécurité sociale et la branche retraite dans les conditions actuelles. Divers propos, affirmations, propositions, analyses, vérités et contrevérités occultent la réalité …. certainement à dessein. Pourtant, à lire et relire la couverture sociale française de 1945, elle « offre » la meilleure garantie de protection et de retraite possible pour une la grande majorité de la population. MC

Depuis plusieurs mois, et singulièrement depuis des semaines, notre pays est traversé par une lame de fonds qui porte le rejet de contre-réforme macroniste des retraites. Mouvement social sans précédent, celui-ci se nourrit du rejet de la dégradation des conditions de vie et de travail depuis de nombreuses années, des discours mensongers des ulra-libéraux, mais aussi du mouvement inédit des « gilets jaunes » comme de la longue lutte engagée par les hospitaliers pour sauver l’hôpital public

Les mobilisations touchent un nombre de plus en plus grand de salariés, unis dans leur diversité, mais aussi par de l’approfondissement des contradictions des tenants du capital, arque-boutés sur leur « règles d’or », autrement dit : toujours plus pour la finance et rien pour les salariés !

Le sentiment d’injustice sociale (souvent assimilé à l’injustice fiscale) grandissant et touchant toutes les couches de la population, bute aujourd’hui sur la difficulté à faire émerger de véritables pistes alternatives, face au leitmotiv de « l’équilibre financier »,[…] pour la Sécurité sociale.

Les attaques contre l’hôpital, les retraites, mais au-delà, la protection sociale dans son ensemble (l’assurance-chômage !), prennent racine dans les besoins du capital financier à s’attaquer aux besoins sociaux socialisés, soit par la cotisation soit par l’impôt, l’État étant le garant. […]

[…] le gouvernement communique sans vergogne autour « des dépenses publiques », sans distinction, en globalisant les comptes de la Sécurité sociale et le budget d’État. C’est ainsi qu’insidieusement s’installe dans les têtes l’effacement de la Sécurité sociale. Les contre-réformes de Macron depuis 2017, l’hôpital, les retraites ont fait l’objet de contre-vérités, qui toutes visent l’effacement de la Sécurité sociale.

Dès sa mise en place en 1946, la Sécu a fait l’objet de toutes les attaques et coups bas du patronat et de ses alliés ; mais le rapport de force politique et syndical de l’après-guerre a préservé pour l’essentiel la construction profondément révolutionnaire du CNR…

[…]

Aujourd’hui nous pouvons apprécier le résultat de ces politiques mortifères, en nombre d’emplois industriels détruits, en nombre de chômeurs et d’emplois précaires, en abaissement du niveau des salaires plombé par l’exonération des bas salaires !

[…] … le primat aux critères comptables et financiers et son cortège de méthodes de gestion anti-démocratiques se sont substitués à l’approche des besoins humains et sociaux, l’évaluation de leur évolution et l’adaptation des moyens financiers.

L’hôpital en est un splendide exemple, les retraites sont visées pareillement, pour n’être plus qu’une variable d’ajustement dans un marché financier élargi… […]

[…]

Le Plan urgence hôpital présenté par la ministre A. Buzyn, en réponse à la puissante manifestation nationale du 14 novembre 2019, en « rajoute une louche ».

Alors que le PLFSS 2020 en première lecture, jactait un ONDAM à 2,1% consacrant encore 4 milliards d’ « économies » sur les dépenses d’assurance maladie dont un milliard sur les hôpitaux (en plein milieu de mobilisation des hospitaliers !), le gouvernement, royalement, « lâche » 1,5 milliard sur trois ans, tous confondus dont 200 millions pour 2020 alors que les organisations en lutte exige un ONDAM à 5% soit au minimum 4 milliards pour faire face aux urgences immédiates.

La perversion se cache dans le détail : le gouvernement ne prévoit que la « reprise « d’un tiers sur trois ans des 30 milliards d’endettement, notamment les charges financières à hauteur de 800 millions d’euros  ». La communication gouvernementale sur « cette importante marge de manœuvre redonne aux établissements » cache un loup : en effet, les établissements devront contractualiser « une trajectoire de désendettement et/ou une trajectoire de transformation », conforme à la loi Ma santé 2022 votée en juillet dernier. Cette loi institue, en autre, les dits « hôpitaux de proximité », soit la transformation de 350 à 500 hôpitaux généralistes de proximité en « établissements » de consultations avancées, sans urgence, sans maternité, sans chirurgie , laissant le champ libre aux groupes privés! […]

Plus d’un millier de chefs de service vient de rappeler, avec force et détermination, l’exigence immédiate de renflouer l’enveloppe des hôpitaux publics de 800 millions d’euros

Depuis cette formidable avancée de la généralisation du droit à la retraite, tout être humain bien constitué se pose la question : quand je peux et avec quelle pension?

Avec la contre-réforme de Macron, […] plus rien ne sera garanti ! Mais une seule chose est sûre : l’objectif « vital » pour les ultra-libéraux, orchestré au niveau de l’Europe et de l’oligarchie financière mondialisé : dépenser moins pour les systèmes de retraite !

Pour tenir coûte que coûte (!) cet objectif, tout est bon : système à point dit « universel », suppression des régimes spéciaux (1% des retraités concernés, 6% de la dépense !), âge pivot et/ou d’équilibre.

L’argument-massue est asséné à toute heure : il faut préserver l’équilibre financier des systèmes de retraites, avec « une seule règle d’or » « pas touche au « coût du travail », sinon gare à la compétitivité des entreprises. Traduction : le taux de profit !

Il s’agit bien d’ajuster les pensions aux recettes, qui en l’état du projet, ne garantit absolument pas le niveau des recettes. […]

[…] Nous ne voulons plus de cette société du chacune pour soi!

Nous savons ce que nous voulons et nous savons que c’est possible.

[…] il faut conquérir de nouveaux financements pour notre sécurite sociale !

Des batailles concrètes et immédiates, de tout instant pour en finir avec les exonérations des cotisations patronales et leur non-compensation inaugurée en 2020

La Cour des Comptes s’interroge sur la « pertinence» des 66 milliards d’exonérations en 2019, dont 52 milliards pour les seuls allégements généraux des cotisations patronales dont 9,8 milliards manquent à la branche Vieillesse.

Réorienter les masses d’argent stériles vers un financement utile et efficace

La taxation sociale des revenus financiers des entreprises et des banques permet une mesure salutaire et de justice sociale immédiate : 100 milliards seraient mobilisables pour l’ensemble de la Sécurité sociale dont 33,9 pour les retraites. (Il resterait encore 224 milliards de revenus financiers pour le capital !)

La création d’un bonus-malus sur les cotisations patronales

Nous proposons de moduler le taux des cotisations patronales en fonction des comportements des entreprises en matière d’embauche d’emplois stables, de formation d’investissement et d’objectifs écologiques

La Sécurité sociale, un projet de société progressiste

Elle s’inscrit dans notre bataille de tout instant pour une autre logique économique, la place de I ‘humain dans notre société : création d’emplois durables formés, qualifiés, l’augmentation des salaires, la réduction du temps de travail, du respect des conditions de travail et de vie, pour l’égalité salariale femmes/hommes (11 milliards d’euros pour financer la Sécu !).

Macron veut mettre fin au régime général de la Sécurité sociale : opposons-lui notre irrésistible envie de construire une autre société, ici et maintenant avec notre analyse, nos propositions et faire vivre la démocratie !


Rédactrice : Évelyne Vander Heym.