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On se précipite vers lesdits réseaux sociaux, et on constate la réalité c’est souvent triste ou bien en dessous de la ceinture.

Dès l’apparition des réseaux sociaux, il y a quelques années, on savait que la vie privée était en sursis. Depuis, les violations de la sphère intime n’ont cessé de se multiplier, sans que rien, ni aucune loi ni aucune protestation, ne parvienne à les freiner. La frénésie d’exhibition et de voyeurisme que les réseaux sociaux ont déclenchée et organisée semblait impossible à arrêter, et on ne se posait plus la question de savoir qui serait la prochaine victime, mais quand son tour arriverait.

Aujourd’hui, une personnalité publique ne peut plus avoir de vie privée. C’est fini. Un homme, ou une femme, qui décide de s’engager au service de l’intérêt général doit savoir que, à partir de la seconde où il fait ce choix, il entre en politique comme on entre au monastère, et comme les prélats, il devra faire vœu de chasteté, de fidélité, de pureté et de bien d’autres choses encore.

La jouissance des plaisirs de la vie par une-un politique doit être la plus faible possible, il ne doit pas trop manger, ne doit pas posséder trop de biens et ne doit pas se donner en démonstrations sexuelles inconsidérément. La politique fonctionne désormais comme la religion, et les personnalités politiques doivent se comporter comme des ecclésiastiques.

Ils ne doivent pas être orgueilleux, avares ni se livrer à la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère ou la paresse. La conception qu’ont les réseaux sociaux de l’être politique moderne est devenue exactement la même que celle de la Bible qui punit les sept péchés capitaux.

Mais qui sont donc ces gens qui ont la prétention de définir ce qui est bien ou mal? Qui sont-ils, ces sinistres cons qui, du haut de leur nullité, croient s’élever en regardant dans le slip des autres la poutre qu’ils ont dans l’oeil?

Qui sont ces gens qui nous mentent quand ils nous font croire qu’ils sont épargnés par le désir, les pulsions et des gestes que la loi autorise et que notre morale accepte? Car rien n’est plus humain que d’en avoir.

Nous voulons des hommes et des femmes politiques qui se touchent la bite et le clito. Nous voulons des êtres humains faits de chair et de sang, traversés par des désirs et des fantasmes, qui aiment jouir de leur corps et des plaisirs de la vie. Nous voulons des personnalités politiques qui nous ressemblent, pauvres créatures terrestres que nous sommes.

Nous ne voulons pas de ces fanatiques mystiques qui se prennent pour des dieux qui n’existent pas et veulent nous imposer leur obsession de pureté irréelle et tragique. Nous ne voulons pas de leur tristesse et du dégoût qu’ils ont de leur propre vie.


Article réalisé d’après un texte de RISS. Charlie hebdo. 19/02/2020