Quand les humains mangeaient les poissons des lacs du Sahara

Les nombreuses arêtes des poissons mangés par les humains il y a des milliers d’années, et retrouvées dans le désert du Sahara, apportent des informations sur le climat dans la région à l’époque. Des tilapias, des silures et nombre d’autres poissons nageaient autrefois dans l’actuel désert du Sahara. “Des fossiles montrent que ces populations de poissons ont décliné quand des évolutions climatiques ont asséché les lacs et marais, à la suite de quoi les humains et animaux qui s’en nourrissaient ont sans doute dû modifier leur régime alimentaire”, rapporte le New Scientist.

Quelque 90 % des restes d’animaux correspondant à la période allant de – 10.200 à – 8.000 appartenaient à des poissons et les marques qu’ils présentent suggèrent qu’il s’agit de déchets alimentaires humains.

Une étude parue le 19 février dans PLOS One montre comment l’analyse de fossiles datant de 10 200 à 4 650 avant notre ère, mis au jour sur le site de Takarkori, dans le sud-ouest de la Libye, apporte des éléments de compréhension de l’évolution du climat. Savino Di Lernia, de l’université Sapienza, à Rome, qui a dirigé l’étude, s’est dit surpris de la quantité d’arêtes de poissons trouvées sur le site. 

Puis le nombre d’arêtes de poissons mangés par les habitants de la région s’est drastiquement réduit, laissant place à des os appartenant à des mammifères comme des chèvres et des moutons. “Les archives fossiles suggèrent que l’environnement saharien a commencé à s’assécher il y a environ 7.400 ans”, relaie le New Scientist. 

Pour David Wright, archéologue à l’université d’Oslo, en Norvège, qui n’a pas participé à l’étude, il existe peu de sites comme celui-ci qui permettent de montrer aussi bien comment l’évolution du régime alimentaire est liée à celle du climat, et par extension du paysage. Il ajoute :“Cette étude n’est qu’une pièce du puzzle, mais elle est cruciale à l’heure où nous voulons comprendre comment les êtres humains s’adaptent à des changements climatiques extrêmes.”


Courrier international. Source