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Les députés LR-EM ne s’en sont toujours pas remis. « Vous êtes des Playmobil. Des Playmobil sans cœur. Et quand on retire les cheveux des Playmobil, on constate qu’ils n’ont pas de cerveau non plus ! »

Des « Playmobil ».

C’est le député Sébastien Jumel qui qualifia ainsi les élus de la majorité qui votent respectant aveuglément la consigne donnée par le gouvernement. Depuis, l’ensemble des membres de l’opposition, à gauche comme à droite, qualifient désormais les macronistes de Playmobil pour railler leur obéissance absolue envers Macron.

Le succès est tel que le mot « godillot », habituellement utilisé pour qualifier un député caporalisé, est pour le moment relégué au second plan.

L’expression de « godillot » seyait déjà parfaitement aux fantassins d’En marche (LR-EM) ! Ils auraient même pu le moderniser, car Alexis Godillot est le premier à avoir différencié le pied droit du pied gauche dans ses modèles de chaussures. De quoi permettre aux élus LR-EM de répondre à la promesse initiale d’« en même temps », sur laquelle a surfé Emmanuel Macron, en alternant mesures politiques de droite et de gauche ?

Cela s’est sans surprise avéré impossible : depuis le début du mandat, les députés macronistes ne font qu’avancer à cloche-pied en concentrant tout leur poids sur la jambe droite…

Le tout en se subordonnant comme jamais à l’Élysée. Les majorités de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy étaient certes disciplinées, mais pas autant que celles d’Emmanuel Macron.

Comme des figurines, identiques et interchangeables.

« On arrive au stade terminal de la Ve République avec une majorité composée de cacatoès qui n’ont aucun ancrage territorial et vouent un culte au président de la République », observe André Chassaigne.

« J’ai été élu en 2002 et cela a été un choc en 2017 : les députés LR-EM se lèvent pour applaudir quels que soient les propos tenus par le gouvernement. Ils rejettent systématiquement les propositions des autres groupes et se prosternent sans cesse devant les consignes d’en haut. C’est à croire qu’ils ont reçu le mandat impératif d’obéir à une personne », ajoute le président du groupe GDR.

Quelques députés LR-EM ont par exemple voté contre le Ceta et contre la loi bioéthique sans être exclus. Plus de dix élus ont même quitté le groupe LR-EM, souvent dans l’optique de reprendre leur liberté de parlementaire. « On ne peut pas regretter d’être sortie d’une prison », commentait d’ailleurs Frédérique Dumas au moment de claquer la porte.


Aurélien Soucheyre. Titre original : «Assemblée nationale. Les élus LaREM, de la godille aux Playmobil ». Source (extrait).