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Les emplois boiteux pour renforcer les effectifs de Pôle emploi : telle est l’élégante solution trouvée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dont le premier volet de la réforme de l’assurance-chômage est entré en vigueur le 1er novembre.

Les 1.000 agents supplémentaires, qui ont été annoncés en grande pompe l’été dernier et ont commencé leur mission en janvier, s’avèrent être des « CDD sans terme précis ». Cette petite merveille prévue par le Code du travail permet à un employeur d’exploser les durées légales traditionnelles des contrats à durée déterminée et, surtout, de ne fixer aucune date de fin pour le contrat !

Mieux encore : on peut mettre un terme à ces CDD sans le moindre préavis. Les 1.000 recrutés sont censés remplacer des agents (en contrat durable, eux) envoyés sur une autre mission : l’accompagnement des entreprises.

Ceux-ci en ont normalement pour trois ans mais ont le droit de réintégrer leur poste avant, donc de pousser leur remplaçant vers la porte. Seul garde-fou pour ce dernier : son CDD est assorti d’une durée minimale de dix-huit mois.

C’est pauvre, comme job

Ultime gag de l’histoire, la rédaction des annonces pour dénicher ces 1.000 agents vaut le coup d’œil : elle mentionne des « CDD à terme imprécis de dix-huit mois renouvelable, une fois ».

Un intitulé « très contradictoire », s’étranglent deux juristes en droit du travail consultés par « Le Canard ». « Par essence, un CDD sans terme précis n’est pas renouvelable. »

Virtuose, cette offre d’emploi, rédigée par Pôle emploi… pour Pôle emploi !


Article signé des initiales J. C. – Le Canard enchaîné. 19/02/2020