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L’inquiétante habitude de Macron à tout vouloir régenter, réglementer… sauf bien évidemment ce qui arrange sa gestion de l’État.

Hier dans son discours de Mulhouse c’était contre le communautarisme islamique … demain, ce sera quoi, les réseaux sociaux, les médias qui lui sont défavorables ? Que restera-t-il de la démocratie, du libre arbitre, de la libre pensée, de la libre information, contestation, manifestation … après (nous le souhaitons) son éphémère passage. MC


Petite sélection non exhaustive des avis et opinions suite au discours de Macron à Mulhouse

Selon le maire PS de Sarcelles, Patrick Haddad :

… il y a un «décalage entre les débats publics» sur les quartiers populaires et leur quotidien. Et dans sa ville, un «équilibre entre communautés».

Il assure que les questions liées au communautarisme ne rythment pas le quotidien de sa ville. Mais il ne nie pas «quelques difficultés». Et prévient : elles ne se régleront pas dans une «hystérie» qui «n’apporte aucune solution concrète». Faites-vous une différence entre «séparatisme» et «communautarisme» ? Le terme séparatisme est plus récent dans le débat et sa définition n’est pas encore arrêtée. Personnellement, la différence que je fais, c’est celle entre la «communauté» et le «communautarisme». Il y a un risque, parfois, qu’une communauté se referme sur elle-même et ça devient du communautarisme. Dans votre ville, Sarcelles, est-ce qu’il y a du communautarisme ? Certaines personnes, voire certains petits groupes, se referment, se coupent du monde extérieur. C’est une réalité. Mais aucune communauté ne tente de prendre le pouvoir sur une autre : je ne rencontre pas ce phénomène à Sarcelles. Vous rencontrez des parents qui déscolarisent leurs enfants ? Oui, ça existe. Chaque début d’année, nous recevons une liste transmise par les services de l’Education nationale. De mémoire, à Sarcelles, une trentaine d’enfants sur 15 000 reçoivent un enseignement à la maison. C’est une proportion très faible mais on doit s’intéresser à ce phénomène et en comprendre les causes afin que ces enfants reviennent dans un cursus normal.

Rachid Laïreche. Liberation. Titre original : «Communautarisme : «Il y a d’un côté une forme de déni et de l’autre l’hystérisation». Source (très court extrait)

Compréhension et fermeté … pour « La Croix ».

C’est sur cette alternance de tons qu’Emmanuel Macron a fondé son discours très attendu sur le « séparatisme » (un néologisme qu’il dit préférer à « communautarisme »), mardi 18 février 2020 à Mulhouse.

Compréhension, car le président a tenu à préciser qu’il ne s’agissait ni de « stigmatiser » l’appartenance de certains citoyens à d’autres cultures (« C’est une chance pour nous toutes et tous ») ni de désigner comme coupables les citoyens musulmans (« Ce serait une énorme faute »).

Fermeté, refusant toute « complaisance » et concluant son discours par ces mots : « Je ne céderai rien dans cette bataille. » 

Dénonçant un « mouvement de repli qui vise à sortir du champ républicain » et à « construire un projet de séparation de la République », il a évoqué les personnes qui refusent de serrer la main à des femmes ou qui déscolarisent leurs enfants pour des raisons religieuses, ce que la République « ne peut pas accepter ».

Les quatre axes principaux du combat qu’il entend mener contre le séparatisme : lutter contre les influences étrangères, favoriser une meilleure organisation du culte musulman, lutter contre toutes les manifestations du séparatisme islamiste, et ramener la République « là où elle a un peu démissionné ». [Vous remarquerez sans doute la formulation jupitérienne adoptée « qu’il entend mener contre le séparatisme », propos d’un monarque partant en croisade tel Saint-Louis … Chêne ou es-tu … nous vous laissons apprécier. MC]

Sur ce dernier point, Emmanuel Macron a rappelé les projets déjà engagés depuis le début de son mandat, comme les cités éducatives (80 devraient être annoncées dans les prochains jours) ou les quartiers de conquêtes républicaines, expérimentés depuis deux ans dans certaines communes (dont Mulhouse) et où plus de 1.600 policiers supplémentaires ont été déployés. « Cette pression a eu un impact : les faits de violence urbaine sont passés de 90 à moins de 20 sur Mulhouse », s’est réjoui le président.

Parmi les mesures annoncées mardi 18 février, les deux plus notables sont la suppression des enseignements de langue et culture d’origine (ELCO) et la sortie progressive du système des imams « détachés » par des pays étrangers.

En ce qui concerne les ELCO, qui concerneraient aujourd’hui 80.000 élèves, Emmanuel Macron a déploré que les enseignants qui les dispensent « ne puissent faire l’objet d’aucun contrôle », désignés qu’ils sont par les gouvernements de neuf pays avec lesquels la France a passé un accord. Tous ces pays, à l’exception de la Turquie, ont accepté la fin de ce dispositif à partir de la rentrée 2020 : l’État français pourra désormais s’assurer que ces enseignants maîtrisent le français et contrôler le contenu de leurs cours.Pour ce qui est des 300 imams « détachés » par des pays étrangers (la Turquie, l’Algérie et le Maroc), le président Macron a, là encore, voulu frapper fort. « Nous allons progressivement mettre fin au système des imams détachés, a-t-il annoncé. Cette sortie de l’islam consulaire est extrêmement importante pour réduire les influences étrangères. » […]

Mélinée Le Priol. La Croix. Titre original : «À Mulhouse, Emmanuel Macron affiche sa fermeté contre le « séparatisme islamiste ». Source (extrait)

Des “lignes de force” au défi de l’efficacité

La trouvaille sémantique est à la fois pertinente et habile. En parlant de «séparatisme» plutôt que de «communautarisme», Emmanuel Macron a rassuré les musulmans qui craignent d’être montrés du doigt en bloc, comme une communauté uniforme ; et satisfait Les Républicains guettant le chef de l’État au tournant d’un déni de la réalité. De fait, parler de «séparatisme» souligne plus nettement le défi lancé à la communauté nationale par un islamisme qui ne cesse d’étendre son emprise géographique, sociale et culturelle. Le mot «séparatisme» dit sans détour que les «territoires conquis de l’islamisme», pour reprendre le titre de l’ouvrage de l’universitaire Bernard Rougier sont autant de territoires perdus de la République.

Trouver les mots justes ne suffit cependant pas à remporter la bataille politique. Surtout en période de campagne. Certes, Emmanuel Macron prétend ne pas caler son action sur le calendrier électoral. Son intervention de ce mardi n’est que le prélude à un plan plus global qu’il ne détaillera qu’après les municipales. Mais le chef de l’État a compris que son quinquennat, donc sa réélection, se jouera sur le terrain régalien. La partie est d’autant plus délicate qu’il est pris en tenaille entre les exigences de l’opinion et les prudences de sa majorité. La première réclame de la fermeté ; la seconde s’inquiète de toute dérive «sécuritaire». On l’avait vu à la rentrée lorsque le président de la République avait tenu à mettre sur la table un autre dossier régalien explosif: l’immigration.

Guillaume Tabard. Le Figaro. Titre original de l’article : «Des “lignes de force” au défi de l’efficacité». Source (extrait)

À Mulhouse, Macron brandit le « séparatisme islamiste »

En déplacement dans la sous-préfecture du Haut-Rhin, le chef de l’État a voulu revenir sur le terrain de la place de l’islam dans la République. Une stratégie électoraliste assumée en vue de 2022.

Faut-il que le marasme politique et démocratique dans lequel est enfoncé Emmanuel Macron soit profond pour que le chef de l’État sorte la seule carte qui reste dans sa manche : celle du thème de l’identité nationale et de l’islam. Le déplacement à Mulhouse (Haut-Rhin), hier, s’inscrivait dans une stratégie élaborée par le président de la République et son équipe.

Englué depuis trois mois dans un mouvement social de très grande ampleur et une impopularité proche du record de François Hollande (26 %, selon le baromètre YouGov publié le 7 février), il devenait urgent pour le chef de l’État d’aborder ce qui cimente ses électeurs désormais clairement marqués à droite.

Selon le politologue Jérôme Fourquet, cette opération montre « la volonté d’Emmanuel Macron d’envoyer précisément ce message à un électorat de droite qui a déjà fait, aux dernières élections, un pas en sa direction ». Un impératif politicien clairement énoncé par une députée de l’aile droite de LR-EM : « On a un manque d’autorité sur ces sujets par rapport à nos adversaires. »

D’autant que le RN et LR sont lancés dans une surenchère permanente. Pour preuve la dernière trouvaille de Bruno Retailleau, le président du groupe des sénateurs LR, qui réclame la « mise sous tutelle républicaine » des communes dirigées par des « élus complices de l’islamisme ».

Benjamin Konig. L’humanité. Titre original de l’article : «République. À Mulhouse, Macron brandit le « séparatisme islamiste ». Source (extrait)