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Un texte explicatif, maintenant, a vous de voir la suite à lui donner … MC

Dès sa mise en place en 1946 la Sécu a fait l’objet de toutes les attaques et coups bas du patronat et de ses alliés. Mais le rapport de force politique et syndical de l’après-guerre apréservé pour l’essentiel la construction profondément révolutionnaire du CNR… Mais dès les premiers signes de renforcement des forces du capital et des contradictions inhérentesà la recherche du profit maximum, les premiers coups ont visé la Sécu, dans ses fondements mêmes : unicité, démocratie, cotisations.

Méthodiquement, et patiemment les gouvernements qui se sont succédés ont « pris la main » et ont usé de tous leurs pouvoirs pour assécher les ressources de la Sécurité sociale. Une bataille idéologique s’est construite décennie après décennie, autour du » coût du travail » (« les charges sociales » !), au nom de l’emploi, de la compétitivité des entreprises, pour limiter les dépenses financées par la Sécu, organiser la décroissance des cotisations sociales.

Aujourd’hui nous pouvons apprécier le résultat de ces politiques mortifères, en nombre d’emplois industriels détruits, en nombre de chômeurs et d’emplois précaires, en abaissement du niveau des salaires plombé par l’exonération des bas salaires ! Cet assèchement des ressources de la Sécu a pu être possible que par un processus d’étatisation qui a commencé avec l’annulation des élections des salarié-e-se n passant par le plan Juppé en 1996 et l’instauration des PLFSS et I’ONDAM et aujourd’hui les contre-réformes de l’hôpital et des retraites imposées à marche forcée, jusqu’au déni, de la représentation nationale, à coups d’ordonnances et de 49-3 !

Enfin le primat aux critères comptables et financiers et son cortège de méthodes de gestion anti démocratiques se sont substitués à l’approche des besoins humains et sociaux, l’évaluation, de leur évolution et l’adaptation des moyens financiers.

L’hôpital en est un splendide exemple, les retraites sont visées pareillement, pour n’être plus, qu’une variable d’ajustement dans un marché financier élargi…

L’hôpital public « responsable de tous les maux »

La « dépense hospitalière » a fait l’objet de toutes les attentions, représentant autour de 40% des dépenses de l’Assurance maladie : c’est ainsi que l’hôpital public a été pris pour cible constante, à coup de rapports de la Cour des comptes, de l’Assurance maladie, de l’IGAS… : trop « dispendieux », trop nombreux, trop hospitalo-centristes, inadaptés, inutiles, dangereux !

Les budgets des hôpitaux publics ont subi de nombreuses dispositions régressives, en passant par le budget global puis la T2A et les EPRD, les contrats de retour à l’équilibre financier ont mis en concurrence les besoins de fonctionnement et d’investissement : les 30 milliards d’endettement des hôpitaux publics ont nourri les profits des banques et des marchés financiers (l’APHP) !

Le « Plan Urgence Hôpital » présenté par la Ministre A. Buzyn, en réponse à la puissante manifestation nationale du 14 novembre, en « rajoute une louche ».

Alors que le PLFSS 2020 en première lecture, actait un ONDAM à 2,1% consacrant encore 4 milliards d’« économies » sur les dépenses d’assurance maladie dont un milliard sur les hôpitaux- en plein milieu de mobilisation des hospitaliers !-, le gouvernement, royalement « lâche » 1,5 milliard sur trois ans, tous confondus dont 200 millions pour 2020 alors que les organisations en lutte exige un ONDAM à 5% soit au minimum 4 milliards pour faire face aux urgences immédiates.

La perversion « se cache dans le détail » : le gouvernement ne prévoit que la « reprise « d’un tiers sur trois ans des 30 milliards d’endettement, notamment les charges financières à hauteur de 800 millions d’euros. La communication gouvernementale sur « cette importante marge de manoeuvre redonnée aux établissements » cache un loup : effet les établissements devront contractualiser « une trajectoire de désendettement et/ou une trajectoire de transformation », conforme à la loi« ma santé 2022 » votée en juillet dernier. Cette loi institue, en autre, les dits « hôpitaux de proximité », soit la transformation de 350 à 500 hôpitaux généralistes de proximité en « établissements « de consultations avancées, sans urgence, sans maternité, sans chirurgie , laissant le champ libre aux groupes privés! Voilà pourquoi, Madame la Marquise, la ministre Buzyn ne bronche pas devant l’accélération des fermetures de maternités de services d’urgence et autres services, faute de moyens financiers et humains, rétention organisée et visée par les ARS sur les territoires !!

Plus d’un millier de chefs de service vient de lui rappeler, avec force et détermination, l’exigence immédiate de renflouer l’enveloppe des hôpitaux publics de 800 millions d’euros

Depuis cette formidable avancée de la généralisation du droit à la retraite, tout être humain bien constitué se pose la question : quand je peux et avec quelle pension ?

Avec la contre-réforme de Macron, »mère de ses réformes », plus rien ne sera garanti !

Mais une seule chose est sûre : l’objectif « vital » pour les ultra-libéraux, orchestré au niveau de l’Europe et de l’oligarchie financière mondialisé : dépenser moins pour les systèmes de retraite 1

Pour tenir coût que coût ( !) cet objectif, tout est bon : système à point dit « universel », suppression des régimes spéciaux ( 1% des retraités concernés, 6% de la dépense I), âge pivot et/ou d’équilibre.

L’argument-massue est asséné à toute heure : il faut préserver l’équilibre financier des systèmes de retraites, avec « une seule règle d’or » « pas touche au « coût du travail », sinon gare à la compétitivité des entreprises.

Traduction le taux de profit !

Il s’agit bien d’ajuster les pensions aux recettes, qui en l’état du projet, ne garantit absolument pas le niveau des recettes.

En effet, le régime de répartition qui serait sauvegardée prendrait un sérieux « coup de canif » avec l’introduction d’un dispositif pour les salaires de plus de 10 000 euros par mois : les cadres concernés, soumis à une généreuse cotisation de 2,8% (en lieu et place de 28% !), toucheraient la pension au prorata de cette cotisation… et seraient invités à aller voir ailleurs pour la compléter : trois articles du projet gouvernemental favorisent directement las plans de retraite par capitalisation ; les banques, compagnies d’assurance et les fonds de pension tel que BLACK ROCK, sont dans les « startingblock » pour, à terme siphonner les 325 milliards de pensions versé à ce jour. Dans l’immédiat, Le manque de recettes pour la CNAV est estimée à 4,8 milliards par an, alors que le déficit constaté en 2018 est de l’ordre de 3,5milliards

Ce n’est pas la triste pantomime offert par Philippe/Berger autour de « l’âge-pivot » qui peut effacer la terrible perspective offerte aux salariés tous secteurs confondus : travailler plus pour toucher moins, chacune devenant « responsable » de sa conduite de vie, travailler toujours plus longtemps dans des conditions dégradées (enjeu des régimes « spéciaux qui reconnaissent les conditions de travail réelles comme les cheminots, la catégorie active des soignants qui devront travailler 7 ans de plus… et toujours plus de retraité-es paupérisées…QUI n’auront pas d’autre choix que de cotiser à une assurance privée pour pouvoir tout simplement ne pas crever de faim à 64- 65- 70 ans, ou se retrouver dans le « couloir de la mort » !

Avant la dite « conférence de financement » E. Philippe à réintroduit l’âge – pivot en affirmant que « les partenaires sociaux » n’ont pas d’autre choix qu’une mesure d’âge ! La boucle est bouclée !


Un Texte lu sur les réseaux sociaux, notamment en provenance de syndicats