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Du projet de régime de retraite « universel », il ne reste d’universel que le nom … et les désagréments. Alors pourquoi changer ?

Les uns après les autres, des métiers ou entreprises parviennent à obtenir la préservation de leurs avantages acquis, qui justifiaient leur régime spécial.

Après les policiers, militaires, pilotes ou contrôleurs aériens, c’est désormais le régime spécial de la Banque de France qui sera préservé.

Financement par les salariés

Le gouverneur de la banque centrale française, François Villeroy de Galhau, en a reçu l’assurance de la part de Laurent Pietraszewski : un courrier du 13 février 2020, consulté par « Capital », confirme que le système spécifique de retraite de l’institution perdurera : les actifs de la caisse de réserve des employés de la Banque de France continueront de financer les pensions.

Aligné sur celui de la fonction publique depuis 2007, il ne permet pratiquement plus de partir avant l’âge légal, ni de percevoir une pension majorée de 14 % sans cotisation supplémentaire. La caisse de réserve des employés de la Banque de France sera donc maintenue : elle est alimentée par une cotisation de 11,1 % versée par les salariés et l’institution complète le solde de la caisse pour la maintenir à l’équilibre.

Ce système s’accompagne d’un gel systématique des augmentations de salaires depuis 2007. « Le maintien de cette caisse n’est donc que justice », selon les syndicats, qui assurent que les efforts financiers passés auraient été anéantis en cas d’intégration au régime « universel ». Et que les pensions auraient même, dans ce cas, coûté plus cher à l’État qu’aujourd’hui.


Le Dauphiné Libéré. 16/02/2020


Le texte du projet de loi sur les retraites a connu, ces derniers jours, une étonnante modification. Le 24 janvier [2020], plusieurs médias, dont « Le Parisien », publient les résultats d’une étude d’impact contenue dans le projet de loi et soulignent les effets de la réforme sur les mères de famille.

Sur six profils étudiés, quatre femmes sont perdantes avec le nouveau système ! Parmi les deux gagnantes, une « cadre à carrière très ascendante » carburant à plus de 4.300€ de retraite.

Le matin même sur France Inter, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, réagit : « Les cas sont faux ; plusieurs éléments de méthode sont erronés. »

Au cours de la même journée, le projet de loi est rendu public. Il comprend bien une étude d’impact, agrémentée de différents profils de salariés censés « illustrer de manière pédagogique les effets de la réforme ».

Mais, sur les 22 « cas types » étudiés, on ne trouve plus de mère de famille ! Les six profils litigieux ont disparu ! S’ils étaient « erronés », pourquoi ne pas les avoir corrigés ? D’autant que, à en croire le gouvernement, le futur système à points serait plus favorable aux mamans que l’actuel…

Plus le temps passe, moins Pénicaud et le gouvernement marquent de points sur ce dossier. Heureusement que ça ne compte pas pour leur retraite !

  • Consulté par « Le Canard » sur cet étrange caviardage, le cabinet du secrétariat d’État chargé des Retraites indique : « Les versions antérieures de l’étude d’impact sont des documents de travail non validés. »

Mamma mia ! Comme c’est convaincant !


Article non signé paru dans Le Canard enchaîné. 29/01/2020


Infos complémentaires du 16 fev. 2020- le Dauphiné Libéré

2 % C’est le bonus supplémentaire qui serait finalement accordé et réparti à parts égales aux parents ayant eu trois enfants selon le texte de la future réforme. Les deux premiers enfants donneront droit à une majoration en points de 5 %, attribuée par défaut à la mère mais que les deux parents auront la possibilité de se partager.