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Les avocats dénoncent les « affirmations fausses » de la députée LR-EM Célia de Lavergne

« l’universalité proposée est un leurre »

 « Non, madame la députée, les propositions transmises au conseil national des barreaux par le gouvernement, le 5 février 2020, ne constituent pas « d’importantes avancées » : elles sonnent le glas de notre indépendance, elle-même garante de l’accès au droit ».

La réponse des avocats du barreau de l’Ardèche à la députée LR-EM de la 3e circonscription de la Drôme, Célia de Lavergne, est sans appel. Les affirmations de la députée constituent selon eux « des éléments de langage » et l’universalité proposée « un leurre ».

Dans une interview parue dans Le Dauphiné Libéré du 10 février, la députée avance: « Les avocats gagneront, au niveau des pensions, avec 20 % en plus ». Une affirmation « spéculative », rétorquent les avocats : « Ils verront ces pensions diminuées : pour un revenu de 20.000 euros, il y aura une perte de 268 euros mensuels. C’est inacceptable et aucun salarié, fonctionnaire ou indépendant ne l’accepterait ».

  • « Dépôt de bilan de nombreux petits cabinets »

Idem pour la compensation de l’augmentation des cotisations par la baisse de la CSG (contribution sociale généralisée) : « Cette affirmation est fausse ! », regrettent les avocats. Ils précisent : « Seul un abattement de 41 % permettrait de neutraliser la hausse des cotisations ». Ils alertent : « Une telle augmentation des charges sociales aurait pour conséquence le dépôt de bilan de nombreux petits cabinets, et la fin du maillage territorial. » Une situation qui toucherait en particulier des départements comme l’Ardèche, qui compte peu de gros cabinets. Sur les 56 avocats ardéchois, la moitié se poserait des questions quant à la poursuite de leur activité professionnelle.

Ils s’insurgent surtout contre une autre déclaration de Célia de Lavergne (« ce n’est pas normal que les avocats veuillent s’exclure du système ») : « Cette affirmation confine à l’affront ! La mise en place d’un système universel suppose que les conditions du travail soient identiques : celles des avocats sont totalement différentes de celles des salariés ». L’exemple le plus parlant : « les avocats fournissent du travail non rémunéré (consultations gratuites, etc.), et quand ils interviennent au titre de l’aide juridictionnelle, ils perçoivent une indemnité bien inférieure au poids de leurs charges Un jour d’audience correctionnelle, un avocat peut travailler 16 heures pour quelques dizaines d’euros ».


Article signé des initiales A.Mo.–Lu dans le Dauphiné Libéré. 13/02/2020