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Oui, ça fait des années que la vie de chaque handicapé, doit être amélioré à tous les niveaux, accessibilité partout, accompagnement scolaire, démarches accélérées, aides diverses, fin de la discrimination à l’embauche, etc. MC

À l’occasion de la Conférence nationale sur le handicap, le gouvernement et les Départements s’engagent ce mardi à réduire les disparités d’accès aux droits pour les personnes handicapées. Une enveloppe de 25 millions d’euros y sera consacrée en 2021-2022.

En matière de compensation du handicap, tous les citoyens ne sont pas logés à la même enseigne. La loi fixe un délai de quatre mois pour le traitement de votre demande d’allocation adulte handicapé (AAH). Mais, selon la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) dont vous dépendez, les délais changent du tout au tout Votre demande d’AAH sera traitée en 2 mois si vous habitez en Seine-Maritime et en 8 mois si vous habitez dans l’Yonne.

De la même façon, les droits à vie (attribués depuis le 1er janvier 2019 pour les personnes qui présentent un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 % et dont les limitations d’activité ne sont pas susceptibles d’évolution favorable) représentent 2 % des attributions de droits pour l’allocation adulte handicapée à Paris aujourd’hui par exemple, et 60 % dans le Loiret (pour une moyenne nationale s’établît à 21 %).

Inégalités territoriales

Pour mettre un terme à ces fortes disparités territoriales, l’État et l’Association des départements de France, qui gèrent conjointement la politique du handicap, vont signer aujourd’hui un accord. L’objectif: garantir un accès aux droits en 4 mois partout sur le territoire d’ici 2022. Les moyens : 25 millions d’euros en deux ans, dont 10 millions fléchés sur les départements ayant le plus de difficultés à tenir les délais. L’octroi des moyens supplémentaires se traduira par un conventionnement entre l’État et chaque département en fonction des besoins spécifiques des territoires.

Dans l’Yonne, par exemple, le problème est lié à la désertification médicale, et l’absence de professionnels de santé en nombre suffisant pour traiter les dossiers sur le territoire. En Seine-Saint-Denis, les dossiers ont progressé de 200 % en moins de 5 ans. L’État apportera des ressources différentes en fonction des besoins, explique-t-on au Secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées.

Autre élément : la mise en place d’un système d’information commun à toutes les MDPH d’ici fin 2020. L’enjeu est d’avoir à cette date une vision des délais, et de la qualité des procédures de traitement des dossiers à l’échelle nationale, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

L’État table par ailleurs sur des démarches de simplification administratives pour accélérer les dossiers. Et promet davantage de transparence sur les suivis de dossier département par département Pour l’instant, aucune sanction n’est prévue en cas de non-respect de l’obligation de délai en 2022. Il ne s’agit donc pas d’un droit opposable, mais d’un changement de méthode pour tenter de réduire les inégalités, précise-t-on avenue Duquesne.

Le pari du gouvernement : jouer sur la transparence pour que les citoyens fassent pression au cas où les inégalités de traitement, département par département, persistent à l’horizon 2022.


Article non signé paru dans le Dauphiné Libéré du 11/02/2020


Selon Anaïs Morand. Libération. Titre original : « Handicap : Macron a des promesses à tenir » Source (Extrait)


15 ans de retard.

Le candidat l’avait érigée comme l’une des « priorités », […] ce mardi matin, Emmanuel Macron doit dévoiler sa stratégie nationale pour la « Grande Cause Handicap », quasiment trois ans après ses promesses formulées lors du débat de l’entre-deux-tours.

Autant dire que les annonces du jour, axées principalement sur l’accompagnement, l’école et l’accès aux aides, sont attendues au tournant.

« Le Président nous fait miroiter des mesures fortes et concrètes depuis bien trop longtemps. Le lien de confiance est déjà abîmé », met en garde Meryem Duval, vice-présidente du Collectif citoyen handicap.

« Il ne suffira pas d’un beau discours pour nous convaincre », prévient de son côté Arnaud de Broca, président du collectif Handicaps. Et ce n’est ni la date symbolique de ce 11 février (quinze ans pile après l’adoption de la loi pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » exigée par Jacques Chirac), ni le cérémonial en grande pompe de cette « Conférence national du handicap » (500 invités assisteront au discours présidentiel), qui feront oublier les tensions passées.

Emploi et accessibilité laissés de côté

Les premières dissensions ont émergé dès mai 2018, au moment de la loi Elan. A cette époque, les députés avaient adopté un article ramenant de 100 % à 20 % la part des logements neufs obligatoirement accessibles aux personnes handicapées. Puis la gronde s’est portée sur la revalorisation en trompe-l’œil de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), portée de 810 à 900 euros par un gouvernement fier de son coup. Mais cette hausse ne bénéficie que partiellement aux allocataires vivant en couple, en raison d’une révision des plafonds de ressources. Sans compter les nouvelles craintes que suscite le projet de revenu universel d’activité, qui pourrait intégrer l’AAH, au même titre que des minima sociaux type RSA ou allocations logement.

Le président Macron et sa secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, réussiront-ils à convaincre, sachant qu’ils laissent a priori de côté les gros chantiers que sont l’emploi et l’accessibilité ?