Le Franc CFA est mort … Euh, pas vraiment.

Comme d’habitude pour d’autres raisons que les envolées -reprisent illico par les médias- d’un roitelet en campagne.

C’est en vérité un essai de rattrapage qui devrait permettre de préserver les entreprises françaises toujours aussi prégnantes, envahissantes, exploiteuses, pilleuses de richesses d’états (sous-sol, mains-d’œuvre locales, agricultures intensives) et paupérisation de la population, dans ces pays africains ex colonies françaises. N’oublions pas entre autres les nombreux minerais existant dans ces pays dont l’atome « absolument » nécessaire tant que nous aurons des centrales atomiques … . MC


Le mouvement de protestation contre le franc CFA s’étend en Afrique francophone. Les 16 et 17 février 2019, Bamako a accueilli les « États généraux du CFA » à l’initiative de l’économiste togolais Kako Nubukpo. Les participants ont constitué un comité provisoire de coordination. Le sujet est sensible : en 2017, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a brusquement congédié M. Nubukpo de son poste de directeur de l’économie numérique pour avoir ouvertement critiqué le franc CFA.

Créé en 1945, le franc CFA signifiait alors « franc des colonies françaises d’Afrique ». Après les indépendances, il fut rebaptisé « franc de la communauté financière africaine ». Il existe en deux versions et circule dans deux zones économiques regroupant quatorze pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Le franc CFA pose deux types de questions, économiques et politiques.

Du point de vue économique :

Certains économistes […] estiment qu’il constitue une garantie de stabilité et de crédibilité pour les pays concernés. Partagent cet avis le président ivoirien Alassane Ouattara, proche de l’ancien président Nicolas Sarkozy, et l’homme d’affaires béninois Lionel Zinsou, proche du chef de l’État français Emmanuel Macron. Une monnaie commune serait un avantage, quitte à en modifier les règles de fonctionnement.

Pour d’autres économistes, le CFA serait totalement inadapté aux réalités du continent. En effet, le franc français n’existe plus depuis 2002 et la création de l’euro. Le CFA est désormais lui-même, de facto, lié à la monnaie européenne. Comment une devise déjà jugée surévaluée par rapport à certaines économies du Vieux Continent pourrait-elle ne poser aucun problème à celles du sud du Sahara ? Le taux de change élevé du CFA « plomberait » les exportations du continent.

Du point de vue politique, le franc CFA pose la question de l’indépendance des pays africains. […]

 En pratique, l’obligation faite aux États concernés de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor français prive des pays parmi les plus pauvres du monde de leurs précieuses ressources. […]


Anne-Cécile Robert- Manière de Voir- Le monde diplomatique. Source (extrait)