L’abominable D.G. d’Orange, Didier Lombard, condamné.

Une « décision historique » pour la presse étrangère, et hautement symbolique. 

Ce vendredi 20 octobre, trois anciens dirigeants ainsi que l’entreprise Orange (ex-France Télécom) ont été condamnés, dix ans après le suicide de nombreux employés. Il s’agit d’une « décision historique » pour The New York Times : ce vendredi 20 décembre, « pour la première fois, une société française

est tenue responsable » de « harcèlement moral institutionnel ». L’entreprise, aujourd’hui Orange, a été condamnée à 75 000 euros d’amende, soit la peine maximale prévue.

Ses trois anciens dirigeants – l’ancien directeur général, Didier Lombard, l’ancien numéro deux Louis-Pierre Wenès et Olivier Barberot, l’ex-directeur des ressources humaines – ont également été condamnés à un an de prison dont huit mois avec sursis et 15 000 euros d’amende. Le tribunal correctionnel de Paris les a ainsi reconnus responsables « d’avoir créé une atmosphère de peur lors de la restructuration de l’entreprise », ce qui a conduit « aux suicides et tentatives de suicide de nombreux employés », relate The New York Times. Trente-cinq au total entre 2008 et 2009. Par conséquent, « le tribunal a reconnu que les fins [atteindre l’objectif fixé des 22000 départs en trois ans] ne justifiaient aucunement les moyens », ajoute le titre américain.

Des vagues dans le milieu des affaires

Ce « procès a pris une résonance particulière en France, où les relations entre salariés et patrons sont souvent conflictuelles », rappelle outre-Manche The Daily Telegraph. Un pays « où l’idée que le néolibéralisme, la mondialisation et la culture d’entreprise font passer les profits avant l’humain est très répandue ». Et encore plus avec « la vague actuelle de grèves contre le projet du gouvernement pour réformer le système de retraite », complète The New York Times.

Mais « ce procès a également mis en évidence le manque de flexibilité du marché du travail français, puisque la plupart des salariés comptaient faire toute leur carrière dans la même entreprise, sans envisager, ou à de rares exceptions, de changer d’employeur ou de lieu de travail ». Une chose est sûre, pour le quotidien britannique The Guardian, « cette décision, qui fera date, devrait faire des vagues dans le milieu des affaires »


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