Si le quotidien économique « La Tribune », le dit…

Sans doute, n’êtes-vous pas un lecteur assidu de la presse économique, il faut être un fou comme nous, pour chercher des informations dans tous les secteurs et trouver, s’étonner de l’information ci-dessous, relatée dans les colonnes de ce quotidien. MC

l’article signé de Grégoire Normand dans le quotidien La Tribune est titré : « En France, des inégalités de patrimoine encore vertigineuses ». Source (extrait)


Le patrimoine est au coeur des inégalités françaises. Selon une étude de l’Insee publiée ce mardi 5 juin, le patrimoine financier et immobilier a bien augmenté entre 1998 et 2015. Les économistes de l’institut de statistiques notent que les actifs financiers et immobiliers ont doublé sur cette période. Il est évalué à 158.000 euros brut. Cependant, cette progression masque de véritables disparités au sein de la société française.

Pour le gouvernement qui mène une politique fiscale favorable aux hauts revenus (suppression de l’ISF), la question de la réduction des inégalités pourrait représenter un enjeu considérable pour le quinquennat à l’heure où les populismes gagnent du terrain en Europe.

Concentration du patrimoine

Entre 1998 et 2010, le patrimoine immobilier moyen a augmenté de 133%. Cette forte progression est principalement liée « à la valorisation des logements anciens, et, dans une moindre mesure, de la contribution des constructions neuves durant cette période, le reste étant dû à la hausse des prix des logements neufs », explique l’organisme de statistiques national.

Sur ces 17 années, cette évolution favorable a principalement profité aux 70% des ménagés les plus dotés. A l’opposé, les ménages les plus modestes sont restés très peu détenteurs de patrimoine immobilier, ce qui accentue la concentration du patrimoine.

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Par ailleurs, le niveau de revenus a une incidence directe sur la détention de patrimoine immobilier. Ainsi, les 10% des plus hauts revenus sont beaucoup plus souvent propriétaires de leur résidence principale (82%) que les autres (56%). La question des inégalités est moins abordée par le prisme du patrimoine détenu. Pourtant, elle reste centrale pour comprendre les écarts de richesse entre les familles françaises, et peut entraîner des déclassements importants entre les générations, comme le soulignait le sociologue français Louis Chauvel dans son ouvrage publié en 2016, La spirale du déclassement :

« Le creusement des inégalités, évident si nous considérons le rôle du patrimoine, conduit une partie des classes moyennes et des générations nouvelles à suivre les classes populaires sur la pente de l’appauvrissement, entraînant une spirale générale du déclassement. »

Le patrimoine financier en bonne santé

Outre le patrimoine immobilier, le patrimoine financier des Français a également connu une évolution favorable. La hausse est évaluée 75% en moyenne mais là encore des divergences apparaissent. Cette augmentation a principalement bénéficié aux 10% des ménages les mieux dotés et qui possèdent un portefeuille d’actifs très diversifié. Selon l’institut de statistiques publiques, les ménages les mieux lotis placent une grande partie de leur patrimoine financier sur des supports plus risqués (actions cotées ou non par exemple) mais avec un rendement potentiel plus fort.

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8,9 millions de Français pauvres

La crise a favorisé la paupérisation de la population française. Entre 2008 et 2015, le taux de pauvreté est passé de 13% à 14,2%  avec un seuil fixé à 60% du revenu médian. Les personnes considérées comme pauvres sont ainsi passées de 7,8 millions à 8,8 millions de personnes. Surtout, l’intensité de la pauvreté (*) est passée de 18,5% à 19,6%.


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