L’homme « préchi prêcha » collant aux basques macronesque.

Avant toute chose rétablissons : tous les syndicats réunis ne représentent qu’une frange marginale de la population française, hors, voilà quelques décennies que l’ensemble de la population en a assez de subir des restrictions sur leur pouvoir d’achat imposé par le libéralisme, préconisant l’individualisme pour mieux régner. Une situation accentuée il est vrai depuis l’arrivée du roitelet. Aujourd’hui ce ne sont pas « que » les syndiqués qui sont dans la rue, mais une grande partie de la population, c’est d’ailleurs ce que reflètent les sondages. MC

Le titre du journal la Croix : « Creuser les inégalités avant de les corriger, c’est absurde ! », est une phrase tirée d’une interview accordée par Laurent Berger de la CFDT. Source (extrait)


La Croix : Regrettez-vous d’avoir à appeler à la mobilisation le 17 décembre, aux côtés de la CGT et de FO qui refusent en bloc la création d’un système universel de retraite ?

Laurent Berger : Nous nous mobilisons contre l’âge d’équilibre et pour que des améliorations soient apportées au projet de réforme systémique, certainement pas contre le principe du système universel. […]

Que reprochez-vous à l’âge d’équilibre, qui pourrait être fixé à 64 ans en 2027 ?

L. B. : Changer toutes les règles est suffisamment anxiogène pour ne pas ajouter des mesures financières dès 2022. L’âge d’équilibre est totalement injuste, car il pénalise les gens qui ont commencé à travailler tôt. Les travailleurs de l’agroalimentaire, ceux du bâtiment, du nettoyage, tous ceux qui ont commencé jeunes, ont rempli leur part de contrat. Leur dire « tu vas devoir en faire un peu plus », ce n’est pas acceptable. On creuse les inégalités entre les assurés, avant de mettre en place un système dont le but même est de les corriger ! C’est absurde !

Pour vous, il n’y a donc pas de problème financier à corriger ?

L. B. : L’équilibre financier n’est pas un gros mot pour la CFDT. Nous l’avons prouvé par le passé, en acceptant la réforme de 2014 qui programme l’allongement des durées de cotisation, ou en signant l’accord Agirc-Arrco de 2015, qui a prévu une décote temporaire de deux ou trois ans selon les cas, sur les retraites complémentaires. C’est la raison pour laquelle nous faisons la proposition suivante au gouvernement : confiez à la future gouvernance paritaire du système la responsabilité de faire d’ici à un an des propositions de retour à l’équilibre à court, moyen et long terme. Sans, bien sûr, imposer le résultat de la négociation avant qu’elle n’ait lieu.

N’est-ce pas ce que le gouvernement propose ?

L. B. : Non ! Le gouvernement nous dit : si vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord, l’âge d’équilibre sera imposé à 64 ans en 2027. […]

Il y a d’autres solutions de court terme, une hausse des cotisations, par exemple. Pourquoi est-ce tabou d’en parler, alors qu’il paraît tellement évident de demander à ceux qui ont rempli leur contrat de travailler plus longtemps ? Pourquoi ne pas ajuster temporairement le système grâce aux réserves des différents régimes ?

[…]

Ne faudra-t-il pas travailler plus longtemps pour des raisons démographiques ?

L. B. : Il est déjà prévu de travailler plus longtemps avec la loi Touraine. Pas la peine d’en rajouter. J’entends l’offensive du gouvernement sur le fait que les gens arrêtent déjà de travailler à 63,5 ans. Erreur. Les gens liquident leur retraite à cet âge-là. Sauf que presque la moitié d’entre eux ne sont déjà plus au travail à ce moment-là, mais en invalidité, au chômage ou en arrêt maladie. Le patronat n’assume pas ses responsabilités sur le travail des seniors […].