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La grogne sociale actuelle est différente des précédentes, constate The New York Times. Mais pourrait-elle aller jusqu’à provoquer la chute du président français ?

Pour le quotidien américain, cela se joue avec la constitution d’une opposition solide.

Comme le rappelle le quotidien américain, “ce n’est pas la première grande contestation que vit la présidence Macron”. D’autres mobilisations avaient en effet eu lieu lors de la réforme du Code du travail en 2017, pour la défense du statut des “cheminots” début 2018 ou encore au printemps 2019 pour la sauvegarde du service public et de la fonction publique. Mais “celle-ci s’annonce comme la plus large”, prévient le New York Times.

Pas d’opposition solide

Par conséquent, questionne le journal, ce “mouvement peut-il profondément bouleverser le paysage politique français ?” Surtout, le gouvernement peut-il “capituler” sur la réforme des retraites, ce qui, au passage, “affaiblirait gravement la crédibilité d’Emmanuel Macron pour le reste de son quinquennat” ? The New York Times est partagé. Car“malgré les nombreuses grèves et manifestations qui ont émaillé son mandat, les partis d’opposition se sont révélés incapables de capitaliser sur cette colère pour le mettre en danger politiquement”.

“Chaque fois, le soufflé est retombé, poursuit le titre, et l’alternative la plus probable pour le prochain grand rendez-vous électoral, la présidentielle de 2022, continue d’opposer Emmanuel Macron et sa politique technocratique de centre droit à l’extrême droite de Marine Le Pen, encore moins populaire que lui.” De fait, “Macron ne peut peut-être rien contre la détestation que lui portent une grande partie des Français”, mais “s’il parvient à résister aux grévistes, il pourrait bien rester l’option la moins mauvaise dans ce paysage politique sans opposition solide”.

Le rejet du “monde de Macron”

“Les adversaires de Macron, estime donc le New York Times, devront tirer profit de ce mouvement pour proposer une troisième voie politique, au-delà de l’alternative binaire entre l’austérité libérale de Macron et le néofascisme xénophobe de Marine Le Pen.” Cela pourrait-il venir d’une convergence des luttes, comme les rassemblements de samedi 7 décembre l’ont laissé penser ? Après tout, rappelle le quotidien new-yorkais, les participants à la grève du 5 décembre comme les “gilets jaunes” ont “révélé un large rejet du ‘monde de Macron’” et une “volonté des Français ordinaires d’entrer dans l’arène politique pour le combattre”.

Mais là encore, rien n’est sûr. “Les deux années qui viennent de s’écouler ont démontré à quel point il est difficile, pour l’opposition, de transformer ce mouvement populaire en véritable contestation électorale”, analyse le quotidien d’outre-Atlantique, avant de conclure que c’est peut-être lors du prochain scrutin, les municipales de mars 2020, que la chute de Macron (ou non) pourrait se jouer.


Source The New York Times – Courrier International