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Une « mission prioritaire » :c’est ainsi que, le 28 novembre, Place Beauvau, face aux préfets, Christophe Castaner a qualifié la lutte contre l’islamisme radical. [Ben vouai quoi – MC]

Un fiché S fait le ménage à la caserne

Le ministre de l’Intérieur ne se doutait sans doute pas que Florence Parly, sa collègue des Armées, était un peu concernée au sein de ses propres locaux…

En effet, quelques jours après l’attaque meurtrière au couteau perpétrée dans les murs de la Préfecture de police par un fonctionnaire radicalisé, le ministère des Armées faisait affaire avec une société d’entretien dont le patron est… fiché S pour « islamisme radical ».

Montant de la prestation : 72.833,33 euros hors taxes pour le « nettoyage périodique des locaux et de la vitrerie » d’un casernement parisien jouxtant un lycée.

Située dans le XIIIe arrondissement de Paris, la caserne Lourcine est un genre d’internat réservé aux « cadres célibataires » (les sous-off esseulés de passage dans la capitale). Au total : 208 piaules avec douche, des locaux communs (buanderie et cuisine) et une salle de musculation. Ça sent la sueur, chef !

En découvrant incidemment qu’un fiché S, soupçonné d’être en relation avec de méchants barbus, était payé par l’Etat, les contre-espions de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont tombés de leur chaise. « A quoi bon s’embêter à répertorier et à surveiller les radicalisés, pour, notamment, s’assurer qu’ils n’ont pas accès à des informations sensibles, si les autres administrations se foutent de notre travail ?» s’énerve l’un d’entre eux. C’est dur d’être incompris…

De son côté, le ministère des Armées, interrogé par « Le Canard », a préféré garder le silence. Par calcul ou par embarras ?

Anonyme, un galonné avoue « un trou dans la raquette ».

Si les agents de la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD), où s’activent les 1.500 « fausses barbes » censées veiller sur les casernes, vérifient systématiquement le pedigree des employés des entreprises prestataires, ils ne passent visiblement pas les patrons de celles-ci au crible !

Toujours ce respect des chefs…


Article signé des initiales C. L. et D. H. – Le Canard enchaîné. 04/12/2019