Analyse du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2020.

Il est bon de connaître ce que l’on peut « éventuellement » contredire …

En 2018, le Régime général hors Fonds de solidarité vieillesse était excédentaire de 0.5 Mds€. Cela résultait des mesures de freinage des dépenses sociales.

En 2019 et plus encore en 2020, la situation se détériore, sciemment organisée par les pouvoirs publics, qui font reporter sur la Sécurité sociale, sans les compenser et en la privant de recettes, les conséquences des quelques mesures concédées lors de la crise des gilets jaunes.

Cette résurgence du déficit permet de justifier la réforme des retraites engagée par le pouvoir, ainsi que l’absence de réponse à la crise de l’hôpital. Surtout, elle aggrave l’entreprise de démantèlement de la Sécurité sociale.

Des choix lourds de conséquences pour la population, notamment les retraités

Le PLFSS 2020 se traduit par un nouveau plan d’économies de 4,2 milliards d’euros dans la santé, dont plus d’un milliard sur l’hôpital, dans un contexte de mobilisation forte des personnels de ce secteur.

L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) augmente à 2,3% du PIB, dont seulement 2,1% pour l’hôpital. La priorité est donnée à la médecine libérale (2,4%). Le gouvernement fait la démonstration que les 750 millions d’euros promis par Mme Buzyn (ministre de la Santé) pour désengorger les services d’urgences au niveau des personnes âgées, ne sont que de l’enfumage et un transfert budgétaire vis-à-vis d’autres activités de santé pourtant nécessaires.

De plus, les augmentations prévues de l’ONDAM sont très en deçà de l’évolution moyenne des dépenses de santé dans le pays (4,5%).

ONDAM et sous-ONDAM

Pour l’année 2020, l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie de l’ensemble des régimes obligatoires de base et ses sous-objectifs sont fixés comme suit en Mds€.

Quant aux mesures annoncées par Mme Buzyn concernant un Service d’accès aux soins (SAS) sous l’égide d’une plateforme destinée à répondre 24h/24 par téléphone (ou internet) à toutes les demandes de soins, ce n’est ni plus ni moins qu’une remise en cause du SAMU (le 15).

Une bonne partie des exonérations de cotisations faîtes aux patrons pourrait financer les emplois nécessaires dans les hôpitaux (100 000) et dans les EHPAD (200 000 au total), diminuer voire supprimer le reste à charge considérable des familles (10 Mds€ par an), et améliorer les conditions salariales des personnels à domicile, ainsi que les conditions de vie des résidents dans les EHPAD.

Des pensions indexées sur les salaires !

Au niveau des pensions, le PLFSS 2020 propose une augmentation des pensions de base dès janvier 2020 sur le niveau de l’inflation pour les retraités percevant moins de 2000 euros bruts par mois et à la hauteur de 0,3% pour les retraités dont les revenus sont supérieurs à ce seuil.

Nous récusons ces mesures opposant les retraités en fonction de leur niveau de pension et entérinant une nouvelle baisse du pouvoir d’achat de l’ensemble des pensionnés.

Il faut revenir à l’indexation de l’ensemble des retraites sur le salaire moyen et des mesures immédiates de revalorisation des pensions pour compenser les pertes subies depuis 2009.

Il est urgent d’agir pour une autre répartition des richesses et un financement d’une sécurité sociale intégrale à 100% répondant à l’ensemble des besoins de santé de la population.



Daniel Blache


Une réflexion sur “Analyse du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2020.

  1. jjbey 07/12/2019 / 16:49

    Des sous pour les actionnaires pas pour les malades, c’est leur choix, on n’est pas obligé de les élire………

Les commentaires sont fermés.