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La dernière livraison de l’enquête PISA confirme le caractère inégalitaire du système scolaire français parmi tous les pays de l’OCDE même s’il ne s’est pas accentué. L’OCDE pointe le manque de mixité scolaire et recommande de travailler sur cette question.

[…] Selon la dernière livraison de l’enquête triennale PISA (Programme for International Student Assessment) 2018, la France a réussi à contenir le creusement des inégalités dans son système scolaire. Les résultats sont stables en la matière mais il ne faut pas s’en enorgueillir.

Depuis sa première édition, en l’an 2000, cette évaluation internationale examine les compétences des élèves de 15 ans dans quatre domaines.

L’enquête PISA 2018 s’est concentrée sur :

  • la compréhension de l’écrit,
  • les mathématiques,
  • les sciences,
  • la compétence globale.
  • Le bien-être des élèves à l’école a été ajouté comme l’un des éléments à prendre en ligne de compte pour dresser un panorama plus complet et permettre de mieux appréhender le ressenti des jeunes gens évalués lors d’une période clé de leur vie, sur le plan émotionnel notamment.

L’enquête triennale a été menée l’année dernière dans 79 pays, auprès de 600 000 élèves dans le monde. En France, 6 308 élèves, issus de 252 établissements, y ont participé. […]

Comme d’habitude, la France décroche un niveau moyen. Ce qui est expliqué en langage PISA : « Le score moyen des élèves en France est de 493 points en compréhension de l’écrit, le domaine majeur évalué dans PISA 2018 – ce qui place la France légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (487 points). » Mais les petits Français ont obtenu « des résultats légèrement supérieurs à la moyenne de l’OCDE en mathématiques et en sciences ». La proportion d’élèves en difficulté et qui réussissent dans au moins un des trois domaines est aussi proche de la moyenne.

Cette année, […] … la France se classe donc entre le 20e et le 26e rang en compréhension de l’écrit des pays participant au test PISA et entre le 15e et 21e rang des pays de l’OCDE, au même niveau que l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, la République tchèque et la Slovénie.

Singapour perd sa place de premier de la classe mais ne dégringole pas non plus dans les limbes du classement. La Chine […] se distingue par ses bons résultats et ravit la position de premier du classement devant Singapour, l’Estonie, le Canada, la Finlande, l’Irlande et la Corée.

[…]

[…] l’OCDE souligne que la France est l’un des pays de l’OCDE où le lien entre le statut socio-économique et la performance dans PISA est le plus fort, avec une différence de 107 points entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé. Cette différence est nettement supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de l’OCDE (89 points).

 […]

[…] Cette corrélation entre milieu social et réussite scolaire se répercute aussi sur les ambitions de ses élèves. Un élève sur cinq qui vient d’une famille défavorisée ne fera pas d’études supérieures quand bien même ses résultats au test PISA seraient bons. Ce phénomène est en revanche très faible quand on vient d’un milieu favorisé. […]

[…] L’édition PISA 2018 insiste sur le manque de mixité dans les établissements scolaires, notamment au lycée. Le regroupement des élèves qui obtiennent les meilleurs résultats est similaire à la moyenne de l’OCDE. En revanche, en comparaison avec les autres pays de l’OCDE, en France les élèves les plus faibles sont plus souvent regroupés dans les mêmes établissements.

Cela s’explique par le fait qu’il existe plusieurs types de lycée en France : général, technologique et professionnel. Les élèves scolarisés dans ces établissements obtiennent des résultats inférieurs de 100 points en compréhension de l’écrit à ceux obtenus par les élèves des lycées généraux et technologiques (différence moyenne OCDE : 68 points). 


[…]  « En France, un élève défavorisé n’a qu’une chance sur six de fréquenter le même lycée qu’un élève très performant. Cette proportion est similaire à celle observée parmi les pays de l’OCDE. Si les élèves étaient affectés de manière parfaitement aléatoire dans les établissements, cette proportion devrait être d’une sur quatre. »

En France, selon les chefs d’établissement, 87 % des enseignants des lycées favorisés sont certifiés ou agrégés. Cette proportion n’est que de 58 % pour les enseignants des lycées défavorisés. […]

[…]


Faïza Zerouala. Médiapart. Titre original : « PISA 2018 : la France peut mieux faire pour réduire ses inégalités à l’école. ». Source (extrait)