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Si vis pacem, para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre) sa corrélation est de confisquer des subsistes qui manqueront aux financements des services publics, accroissant la pauvreté dans la population. MC

Donald Trump vient d’autoriser le groupe Northrop Grumman à concevoir et à fabriquer l’avion le plus cher du monde, le B-21 Raider (Maraudeur). Le prix d’un seul de ces bombardiers (sans aucune bombe ou missile à son bord) s’élève à 564 millions de dollars, soit sensiblement celui d’un porte-hélicoptères de type Mistral, en service dans la marine française et dans celle de l’Egypte.

Ce bel avion indétectable, ou presque, par les radars, dit-on, se présente sous la forme d’une aile volante et pourra balancer sur les éventuels ennemis de la Grande Amérique des missiles et des bombes de 13 genres différents, y compris nucléaires. Le 14 novembre, le Congressional Research Service, sorte de Cour des comptes, a rédigé un rapport de 16 pages vantant les qualités de ce bombardier, tout en exprimant quelques réserves sur son prix et sur le fait qu’il sera invendable à l’exportation. Mais qu’importe : l’US Air Force prévoit d’en commander une centaine, livrables à partir de 2035, et ses chefs rêvent même d’en posséder 170, voire 200.

Deuxième preuve que les aviateurs américains sont des paniers percés : l’avion de combat F-35. Selon « Les Echos » (19/7/19), cette merveille de technologie « a déjà coûté aux finances américaines près de 400 milliards de dollars, et le coût total du programme (y compris la fabrication) est évalué à 1 500 milliards d’ici à 2070 ». Mais les livraisons à de nombreux clients étrangers (440 exemplaires, à ce jour) ont permis d’en faire baisser le prix à l’exportation, sans compter le considérable appétit de l’US Air Force. Le 29 octobre, Ellen Lord, la secrétaire adjointe à la Défense pour les achats de matériels, a en effet signé avec le groupe Lockheed Martin une commande de 478 F-35 pour 34 milliards de dollars (l’équivalent du budget français de la Défense, à peu de chose près).

Troisième folle dépense des Etats-Unis : sa marine de guerre. Les amiraux américains ont présenté un plan de développement de l’US Navy à Donald Trump. Argument invoqué : il leur faut pouvoir rivaliser avec la marine chinoise « sur l’ensemble de la planète et tous les océans ».

Et de conclure : les 290 navires actuels sont en nombre insuffisant, et la flotte américaine doit pouvoir compter 355 bâtiments en 2034. Un investissement évalué à 660 milliards de dollars sur trente ans, que les experts du Congressional Budget Office contestent. Ils accusent les amiraux de minorer le coût de ces centaines de mises en chantier, afin de convaincre Donald Trump que ce n’est vraiment pas la mer à boire. Et ces méfiants chiffrent la modernisation de la flotte US à bien plus : 865 milliards.

Le lobby militaro-industriel américain peut se montrer satisfait, la guerre froide est bien de retour. Les commandes du Pentagone explosent, et les contrats à l’exportation sont aussi excellents (plus de 13 milliards de dollars en deux mois). C’est la loi du genre.

Les Etats-Unis doivent créer de nouvelles armes, en fabriquer et en exporter afin de conserver leur énorme supériorité militaire, dans tous les domaines, sur la Russie et, surtout, sur la Chine, dont les dirigeants se vantent de moderniser eux aussi leurs armées à grands frais. [Mais tout ceci est-il bien nécessaire ? MC]


Claude Angeli. Le Canard enchaîné. 27/11/2019