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Cécile Duflot se permet de porter un jugement personnel sur les « presque » trois années d’exercices du « macronisme ». L’avis d’une personne ayant évolué dans le milieu écologiste, maintenant directrice d’une association militante (OXAM) ; libre à chacun d’approuver ou réfuter son analyse. MC

S’auto-attribuant dès 2016 le qualificatif de jupitérien, Macron a inscrit sa présidence dans le registre de l’autorité virile, y compris physiquement. […] Exercice de style du chef qui fait face à la foule.

[…] Pour lui, l’exercice du pouvoir se résume d’abord à fragmenter les oppositions sur le modèle décliné à l’envi du chauffeur de bus parisien contre celui de toutes les autres villes de France, tout en tenant un discours de détermination totale. […]

Le grain de sable de cette mécanique est que le discours n’est pas performatif et que la posture souffre du temps qui passe. […]

Ce monde-là est celui d’un avenir angoissant dans lequel les citoyens attendent un cap et des décisions – fussent-elles difficiles -, qui répondent réellement à ces enjeux et qui ne contribuent pas au contraire à soutenir un modèle court-termiste et condamné. Parce que si ces questions ne sont pas ou mal traitées, quelle que soit la force avec laquelle les éperons du chef piquent les flancs du corps social celui-ci devient rétif.

La fable « Le chêne et le roseau » (La Fontaine, 1668), rappelle en effet à celui qui se croit invincible que le vent peut souffler tout d’un coup beaucoup trop fort. « Si bien qu’il déracine, celui de qui la tête au Ciel était voisine. »

[…]


Duflot Cécile. Les Échos. Titre original : « Être trop sûr de soi, une faiblesse politique. ». Source (extrait)