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[SVP], une aide pour sortir de ce jargon de technocrate,  ne serait pas de trop. Nous vous laissons apprécier : « Assistance à la rédaction de la nouvelle stratégie française en faveur des aires protégées pour la période 2020-2030 ». [Voilà le thème à la décortiquer, analyser à condition déjà d’élucider le contenu d’une telle phrase. MC]

Avis aux agences de com’ disruptives, à l’affût de nouveaux clients […], le ministère de la Transition écologique et solidaire vient de lancer un joli appel d’offres à leur destination, d’une valeur de… 120.000 euros.

En attendant de sélectionner les « oiseaux rares » capables d’une traduction et de propositions, l’Etat souhaite bâtir un plan d’action intégré « dans les politiques nationales menées en matière de biodiversité » et permettant de « s’accorder sur le concept de pleine naturalité ».

Millefeuille recyclable

Pour le chanceux prestataire [retenus], la mission consistera à participer aux réunions des « instances et groupes de travail » impliqués dans le projet rédactionnel, puis à prendre sa plus belle plume pour pondre « une note d’analyse », « une version de travail » ainsi qu’« une version finale d’un document présentant la nouvelle stratégie en faveur des aires protégées », terrestres et maritimes. Devront également être livrés au ministère trois supports de communication, dont deux fiches de synthèse recto-verso.

Question incongrue sans doute ?

Pourquoi avoir recours à un prestataire privé pour réaliser des missions somme toute basiques en matière de com’, alors que le ministère de la Transition écologique dispose déjà d’une direction de la communication de… 87 personnes ? Sans parler des ressources existantes au sein des nombreux organismes placés sous la tutelle du ministère, qu’il s’agisse de l’Agence française pour la biodiversité (qui copilotera les travaux), du Conservatoire du littoral ou encore de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ?

« C’est une démarche tout à fait classique pour ce type de projet, qui nécessite une concertation importante des acteurs concernés : représentants de collectivités, d’associations de protection de la nature et d’usagers socioéconomiques, explique-t-on au cabinet de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. Le prestataire devra mobiliser des moyens pour que les contributions des cinq groupes de travail soient compilées, organisées et mises à disposition du groupe de rédaction, qui décide, lui, des choix rédactionnels à relayer au comité de pilotage. »

A part ça, le ministère est pleinement engagé dans la lutte contre les usines à gaz.


Clara Bamberger. Le Canard enchaîné. 27/11/2019


Note de l’administrateur.

Juste une question basique, si de tels questionnements devaient être réglés personnellement par le/la ministre en place, croyez-vous que de telles sommes seraient dépensées ? Et sans doute le plus grave c’est que ce genre de manipulation n’est pas l’apanage d’un seul et même ministère mais de plein d’autres … et depuis de nombreuses années. Faut bien faire vivre les copains ! MC