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Et puis Macron a la dent dure, revancharde … et trouve là le moyen de faire sauter le Gérard Collomb n’obéissant pas aux consignes d’investiture LR-EM

C’est une cuisine un rien faisandée que la chambre régionale des comptes a découverte dans les placards de la mairie de Lyon. Un rapport consacré à la gestion municipale, concocté par les magistrats, s’attarde longuement sur les relations financières mitonnées par l’équipe municipale de Gérard Collomb avec GL Évents, leader mondial de l’événementiel et organisateur du Bocuse d’or (un concours international de haute gastronomie).

La société est présidée par Olivier Ginon. Cet homme d’affaires du cru, bon ami de Collomb, est devenu un ardent macroniste en 2016, alors que le futur chef de l’État siégeait encore à Bercy comme ministre de l’Économie. O joie ! depuis l’élection de son champion à la présidence de la République, le patron de GL Évents collectionne les contrats et les invitations à l’Élysée (« Le Canard », 28/3/18).

Le rapport de la chambre, repris par une partie de la presse rhodanienne, souligne que Collomb a, lui aussi, passé les plats à son copain Ginon. Ainsi, la ville de Lyon a assuré gratis, plusieurs années durant, la trésorerie du LOU Rugby, un club professionnel propriété de GL Évents.

LOU y es-tu ?

Premier exemple : dès 2011, le LOU aurait dû verser 209 000 euros par an à la ville pour la location du Matmut Stadium de Vénissieux. Mais le premier paiement n’a été effectué qu’en 2015, et pour un montant de 90 000 euros seulement ! En décembre 2016, à la fin du bail, le club devait encore 457.000 euros… Mieux : Collomb a accepté d’indemniser GL Évents à hauteur de 9,6 millions pour des travaux d’amélioration du stade réalisés « pour une part importante » par des filiales de GL Évents. C’est ce qu’on appelle l’économie circulaire…

LOU, paies-tu ?

Depuis, le LOU a récidivé en migrant vers le stade de Gerland. Ce site de 15 ha a été mis à sa disposition pour soixante ans, avec obligation de le rénover et droit d’y construire divers équipements, des parkings et 28 000 m2 de bu­reaux et de logements. Ce lopin s’avère, pour GL Évents, à peine plus cher que celui de Vénissieux (pourtant bien plus petit) (soit 300.000 euros par An), auxquels vient s’ajouter un prélèvement de 2 à 3 % sur le chiffre d’affaires. Gâterie supplémentaire : de 2017 à 2019, le LOU a bénéficié d’un crédit gratuit que les magistrats financiers, ces fâcheux, estiment contraire à la loi…

Le même LOU ne s’est pas donné la peine de fournir à la ville les éléments nécessaires au calcul du prélèvement sur ses recettes. Bonne poire, la mairie s’est abstenue de réclamer quoi que ce soit à Olivier Ginon, et ne songe toujours pas à lui infliger les pénalités pourtant prévues dans le contrat.

Cela risquerait sans doute de troubler sa digestion…


  • LYON, en attendant la Fête des lumières, c’est la fête à Gégé.

Cette semaine, pendant trois jours, les magistrats du Parquet national financier soumettent à la question tout le petit monde lyonnais. Ils soupçonnent un système de détournement de fonds publics. Directement visé, le maire sortant, Gérard Collomb. Dans un récent rapport, la chambre régionale des comptes a indiqué qu’à la mairie « un agent administratif a été rémunéré malgré l’absence d’éléments de nature à attester l’existence d’un service fait ». Traduction : un emploi fictif.

Fâcheux, d’autant que l’agent en question (comme l’à découvert « Le Canard » (5/6/2019)) est l’ex-compagne du maire de Lyon et que cette situation dure depuis vingt ans !

Petit gag : la dame était la « seule à bénéficier d’un forfait mensuel de 25 heures supplémentaires », et cette enveloppe lui était attribuée jusqu’au 31 décembre… 2999 (sic). Lors du changement de logiciel des ressources humaines, en 2018, la date butoir a « été fixée, cette fois, au 31 décembre 2099 » (resic).

Conclusion : Joli saucisson lyonnais pour un ami de Macron


Hervé Liffran. Le Canard enchaîné. 27/11/2019