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Dans leur majorité électorale, les niçois sont de drôles de zèbres, comment peuvent-ils accorder quelques crédits à l’ostrogoth Estrosi, auteur de temps de manipulation, pour diriger de leur ville ?

Les honneurs posthumes niçois à l’ex monsieur 10%

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a tenu, à quatre mois des élections municipales, à donner le nom de Jacques Médecin à une rue en plein centre-ville. Dans sa jeunesse, il fut l’un de ses adjoints.

Il était temps, en effet, que justice soit rendue à cet élu exemplaire qui, pendant trente-quatre ans, régna sur l’hôtel de ville de la capitale de la Côte d’Azur, qui, durant vingt-sept ans, présida le conseil général des Alpes-Maritimes, qui fut élu et réélu quatre fois député et siégea pendant deux ans, sous Giscard, à la table du Conseil des ministres.

Certes, quatre condamnations à de la prison ferme pour délit d’ingérence, abus de biens sociaux, abus de confiance, corruption et fraude fiscale ont mis un terme, en 1990, à cette brillante carrière politique, qui s’acheva par une fuite en Uruguay.

Mais il aurait été ingrat que, au-delà de son dévouement à la chose publique, hommage ne soit pas aussi rendu aux qualités d’homme d’affaires de « Jacquou ».

Un oubli que « Le Canard », dont il fut longtemps l’un des meilleurs clients, se doit de réparer. La reproduction d’un seul document y suffira.

En janvier 1993, Jacques Médecin propose à la mairie de Los Angeles d’acquérir des Sanisette, créées par JC Decaux. Il charge alors des détails de la négociation l’une de ses collaboratrices, installée en Californie, Claudette Pezenas. Et, depuis Nice, il lui adresse cette note, écrite de sa main, dans laquelle il fixe lui-même la commission qu’il exige pour lui et pour elle sur la « publicité apposée sur les chiottes ».

Il était difficile de faire plus clair.


Article non signé paru dans le « Canard enchaîné » du 27/11/2019