Étiquettes

Parce qu’ils s’entre-tuent, parce que la défiance populaire est profonde envers le parti politique LR–EM; est tombée aux oubliettes l’idée formulée par le roitelet, il y a les plusieurs mois, d’asseoir son mouvement grâce aux élections municipales. Il pensait rallier bon nombre de maires élus à son mouvement. C’est de moins en moins certain, il reste que même une magnifique claque a cette occasion.

Les réformes impopulaires notamment dans le désengagement des services publics, changent la donne. D’autant que des dynamiques locales rendent les scrutins des 15 et 22 mars 2020 très ouverts.

Une élection n’est gagnée que lorsque le dernier bulletin de vote a été dépouillé.

Cette évidence, il faut la rappeler à l’heure où se constituent les listes pour les prochaines élections municipales. Ces 35.000 scrutins, arrivant deux ans avant la présidentielle de 2022, seront un test pour Emmanuel Macron.

Ces élections municipales diront définitivement si l’élection de 2017 fut tout autant un concours de circonstances et de chance ou bien au contraire de cartes rebattues durablement.

Si la seconde option prévalait il y a encore un an, avant les gilets jaunes et les diverses lois restrictives sur bien des points de la société, c’est moins sûr aujourd’hui.

Un panorama qui devrait tempérer l’ardeur d’un Stanislas Guerini, patron du parti présidentiel, pour qui ces élections municipales seraient « une occasion unique pour accélérer le renouvellement des visages et des usages ».

Il y aura certainement un fort éloignement entre désir et la réalité.

En manque d’implantation, LR-EM se résout à adopter une stratégie à géométrie variable, au risque d’empêcher au soir du second tour une lecture claire de ses propres résultats. C’est peut-être un bien, selon la majorité, qui, entre réformes impopulaires et défiance installée, n’a pas intérêt à voir affiché son échec à conquérir l’échelon local.

C’est peut-être aussi une chance pour la gauche. Pour ne prendre que des exemples de grandes villes, celle-ci, dans son acception large, n’est jamais autant en position de gagner que rassemblée, même si les dynamiques d’une élection à deux tours supposent aussi des capacités à élargir et consolider l’assise électorale du premier tour.

Des villes perdues en 2014 deviennent un champ de reconquête, comme peut l’être :

  • Bobigny (Seine-Saint-Denis), dont le maire UDI jette déjà l’éponge, éreinté par un rapport de la Cour des comptes sur sa gestion.
  • Lyon, Marseille, des élus usés se présentent ou renoncent, ouvrant là encore un champ des possibles. Dans la cité phocéenne, la gauche n’a pas encore tout à fait renoncé à se présenter unie. Si les écologistes choisissent le plus souvent de faire cavalier seul au premier tour, encouragés par leur résultat aux élections européennes (13,5 % des voix), en estimant au fond qu’une élection passée prédit l’avenir,
  • Grenoble fait exception, avec une gauche rassemblée.

De ce paysage varié, il faut donc retenir que si cartes à jouer il y a, ce sont celles des électeurs, et du dernier bulletin glissé dans l’urne.


Lionel Venturini. Titre original : « Élections municipales. Et si les citoyens créaient la surprise au printemps ». Source (extrait)