Étiquettes

Plus que la libéralisation de la publicité, c’est le sujet du partage des droits des oeuvres patrimoniales de télévision qui est au coeur de la grande réforme audiovisuelle.

Epilogue d’un long bras de fer entre les producteurs qui fabriquent en particulier les séries et les télévisions qui les diffusent.

« Pour les chaînes, y compris France Télévisions, c’est l’occasion d’enfin pouvoir se constituer des catalogues comme leurs pairs à l’étranger ou les nouvelles plates-formes comme Netflix, et ce dans un monde où la publicité décroît et où la consommation se fait de plus en plus en vidéo à la demande », explique un analyste. […]

L’actuel système français soumet, en effet, les chaînes à de nombreuses contraintes. Le but du législateur ayant été, lors de la fin du monopole du service public audiovisuel dans les années 1980, de préserver un écosystème de producteurs indépendants et donc la diversité culturelle. Les chaînes doivent, notamment, commander, selon les cas, entre les deux tiers et 88 % de leurs programmes à ces indépendants.

Et une fois les programmes diffusés et mis à disposition en télévision de rattrapage sur leurs différentes chaînes pendant un peu plus de trois ans, les programmes deviennent la propriété de leurs producteurs, qui peuvent alors tirer profit de leurs reventes à des plates-formes ou à des chaînes à l’étranger.

[…]

Et de leur côté, les producteurs estiment que les télévisions veulent le beurre et l’argent du beurre. « Les diffuseurs veulent un système basé sur l’idée d’intégration verticale ressemblant aux studios-chaînes-plates-formes américaines ou à Netflix, mais sans en payer le prix, explique Alex Berger, le producteur du « Bureau des Légendes ». […]


Nicolas Madelaine.Les Echos. Titre original : « Pourquoi les chaînes de télévision grondent contre la réforme audiovisuelle ». Source (extrait)