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Pendant que le secrétaire général de la confédération CFDT, Laurent Berger, réaffirme son soutien à un régime par points, une de ces fédérations, celle des cheminots CFDT a confirmé se joindre au mouvement de grève du 5 décembre 2019.

Faire corps pour affronter la tempête. C’est la position qu’a choisie, ce jeudi, le bureau national au gouvernail de la CFDT en publiant une déclaration « adoptée à l’unanimité », demandant au gouvernement de clarifier ses positions sur la réforme des retraites.

Le jour même où le Conseil d’orientation des retraites (COR) rendait officiellement son rapport commandé par le gouvernement, estimant entre 8 et 17 milliards d’euros le montant des économies à réaliser pour revenir à l’équilibre budgétaire d’ici à 2025, avec toute une gamme de potions amères pour y parvenir, l’instance de décision confédérale a décidé de muscler son jeu.

Dénonçant ce document comme une « construction politique due aux choix faits notamment par ce gouvernement de diminuer les ressources du régime », Laurent Berger a appelé l’exécutif à « faire œuvre de clarté. Veut-il une réforme budgétaire ? La CFDT s’y oppose. Ou veut-il une réforme de justice sociale, de fond, créant un système plus lisible, plus solide, plus solidaire entre travailleurs du public et du privé, et entre générations (…) » ?

Rappelant que le syndicat soutenait depuis 2010 la mise en place d’un régime universel par points censé gommer les inégalités produites par l’actuel système et apporter de nouveaux droits, le secrétaire général s’est dit prêt à aller « jusqu’au bout des discussions avec le gouvernement, sinon on n’a aucune chance d’influer ».

Tour de vis budgétaire

[…] … le syndicat réformiste répondra donc présent lundi et mardi prochains [25–26/11/2019] à l’invitation du premier ministre. La ligne suivie ne varie pas. Mais Laurent Berger admet à demi-mot qu’elle prend de plus en plus des airs de corde raide. « On ne veut pas être dans une situation où il n’y ait que deux choix. Soit celui d’une réforme paramétrique, avec l’idée de faire travailler plus les travailleurs, que portent le patronat et certains au gouvernement. Et l’autre, soutenue par ceux qui font croire que le système est parfait et qu’il n’est pas inégalitaire. » Ce positionnement est d’autant plus précaire que le gouvernement a durci ses positions ces derniers jours, accréditant le scénario d’un tour de vis budgétaire au régime actuel, avant la mise en place de la version réformée.

Ce jeudi matin, Édouard Philippe a enfoncé le clou, demandant aux syndicats : « Considérez-vous que l’équilibre, c’est pas grave, on (verra) plus tard, nos enfants se débrouilleront ? Ou considérez-vous qu’il y a un vrai sujet et, dans ce cas-là, comment le règle-t-on ? » Si, comble de hasard, les syndicats cochent la seconde case, le premier ministre est prêt à leur fournir tout un tas de modes d’action purement comptables contenus dans le rapport du COR : « Voyons avec les partenaires sociaux s’ils préfèrent des solutions sur la durée, sur l’âge légal, sur l’âge pivot, sur l’âge d’équilibre. On a un petit peu de temps. »

[…]


Stéphane Guérard. Titre original : «Syndicats. Retraites : la CFDT sur la corde raide ». Source (extrait)