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La presse étrangère commente la secousse qui ébranle le cinéma français, après la nouvelle accusation de viol portée contre Roman Polanski. La polémique se propage aux autres pays européens, où J’Accuse, le nouveau film du réalisateur, doit sortir.

Avec retard, la presse étrangère a commencé à s’intéresser aux remous suscités en France par la nouvelle accusation de viol portée contre Roman Polanski, alors que J’Accuse, son film sur l’affaire Dreyfus, est sorti sur les écrans le 13 novembre. Les publications spécialisées The Hollywood Reporter et Deadline rapportent, de façon très factuelle, que le cinéaste oscarisé pourrait être suspendu de l’ARP (Société civile des auteurs réalisateurs producteurs), l’organisation de cinéastes dont il est membre.

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Des remous lors de la sortie du film en Europe

La relance de la polémique autour de Roman Polanski bouscule en tout cas la promotion de J’Accuse à l’étranger. En Belgique, où le film est sorti le 13 novembre, le quotidien Le Soir a ainsi salué un long-métrage « tout en maîtrise », « limpide, cadré, réfléchi », avant d’ajouter : « Mais on a du mal avec le fait que Polanski lie cette affaire à sa propre histoire, en victime de mécanismes de persécution à l’œuvre dans le film. » Et d’insister : « La comparaison ne se digère pas. Dreyfus a été innocenté, Polanski a été jugé coupable [mais la sentence n’a pas été prononcée à cause de la fuite du cinéaste]. Ce n’est pas un point de détail. »

Les remous se propagent maintenant à l’Italie, où J’Accuse doit sortir le 21 novembre. Ce film s’était vu décerner le Grand Prix du jury à la Mostra de Venise en août. C’est peut-être pour cette raison que Roman Polanski, très rare dans les médias ces derniers jours, a accordé le 19 novembre un entretien au Corriere della Sera, dans lequel il laisse entendre qu’il pourrait bientôt prendre la parole publiquement pour se défendre.

Roman Polanski prêt à s’exprimer publiquement ?

Interrogé par le critique italien Paolo Mereghetti, qui lui demandait si ce n’était pas à lui de « rétablir publiquement la vérité sur les faits » qui lui étaient reprochés par Valentine Monnier, Roman Polanski a répondu : « Je compte bien le faire. Mais pas avec vous. »


[…] Courrier international. Titre original : «MeToo. Affaire Polanski : la vague d’indignation se propage à l’étranger ». Source (extrait)