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Dans son portrait social, l’Insee confirme que les réformes fiscales faites en 2018 ont profité pleinement aux plus riches, qui ont gagné 790 euros par an de niveau de vie, contre 130 euros à 210 euros pour les autres.

Un coup de pouce de plus de 10.000 euros par an aux plus aisés. En multipliant les cadeaux fiscaux en 2018, le président des riches n’a pas déçu, a confirmé l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lors de la publication de son portrait social de la France.

[…]

Le gouvernement osera [n’en doutons pas un seul instant, valoriser un] seul chiffre. Celui d’une augmentation de 1,4 % du niveau de vie tout en bas et en haut de l’échelle des revenus.

 Cependant, si les très bas revenus ont été épargnés, les mesures prises ont laissé de côté les classes moyennes. Ces dernières catégories voient leur niveau de vie augmenter dans une bien moindre mesure, passant de + 1,3 % pour les mieux lotis à 0,7 % pour ceux dont le revenu est compris entre 28.060 et 33 .20 euros.

L’exécutif retiendra également la hausse de 1,1 % du niveau de vie globale en 2018. Mais ces mesures font 8 millions de perdants, au premier rang desquels les retraités, dont l’effet moyen se limite à 120 euros, contre près de 350 euros pour les actifs.

L’effet global est toutefois « important », relève Michaël Sicsic, chargé d’étude à l’Insee et auteur de l’étude. « À titre de comparaison, celui-ci était nul en 2017. » Un chiffre qui nécessite d’être nuancé, alerte l’Insee. […] « les réformes des prélèvements indirects entraînent une perte globale de 4,51 milliards d’euros pour les ménages ». « Une hausse de la fiscalité indirecte qui affecte les personnes les plus modestes et vivant en zone rurale et périurbaine ».

Ainsi, précise l’institut, la perte moyenne pour les 20 % les plus modestes est de « 60 euros ». Celle-ci est aussi comprise entre 70 et 50 euros pour les « personnes vivant dans une commune rurale ou une unité urbaine de moins de 20.000 habitants », contre 30 euros pour ceux de l’agglomération parisienne.

En intégrant ces prélèvements indirects, le gain de niveau de vie tombe pour les 10 % les plus modestes à 0,4 %. Soit 30 euros au lieu des 130 euros promis par les mesures gouvernementales. Dès novembre 2018, les gilets jaunes avaient bien compris que le compte n’y était pas.

Les mesures « Gilets jaunes » ne compensent pas les cadeaux aux plus riches

Les nouvelles mesures socio-fiscales annoncées en urgence par le gouvernement en décembre puis janvier :

  • annulation des hausses prévues de taxe carbone (3 milliards d’euros rien que pour 2019),
  • retour à un taux de CSG de 6,6 % pour certains retraités (1,3 milliard),
  • défiscalisation des heures supplémentaires (plus de 3 milliards),
  • revalorisation et élargissement de la prime d’activité (2,3 milliards), pour un total de 10 milliards d’euros !

Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), le gain attendu en 2020 en raison des mesures prises dans les budgets 2018, 2019 et 2020 devrait être de

  • 284 euros par an pour un ménage disposant de 1.149 euros par mois,
  • 822 euros pour les revenus de 1.537 euros
  • 4.462 euros pour un ménage disposant d’un revenu supérieur à 11 713 euros par mois.

D’après un article signé de Clotilde Mathieu. Titre original : «Inégalités. Plus de 5 milliards distribués pour les plus riches ». Source