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Que les annonces d’Édouard Philippe et Agnès Buzyn ne rassurent absolument pas le personnel des services hospitaliers pas plus que la pérennité des hôpitaux publics. MC

En l’état sans décortiquer, les annonces paraissent mirobolantes et pleines de répondants aux attentes. Il semble bien qu’en réalité tout ce qui a été dit n’est que poudre aux yeux pour tenter de désamorcer un mouvement d’ampleur qui se dessine le 5 décembre. Mouvement d’ampleur qui risque bien d’entraîner bon nombre d’autres secteurs où les soucis ne sont pas moindres que ceux de la SNCF ou des hôpitaux, ou de la retraite, ou de la précarité, ou de la désaffection des services publics, ou… plein de secteurs qui certes ne sont pas détruits « que » par les actions–décisions– orientations du gouvernement macron, mais que ce dernier n’a pas cherché endiguer en ne voulant pas prendre en compte les désastres que produit depuis plusieurs décennies, le libéralisme–productiviste–consumériste à outrance. MC

Les mesures d’urgence pour l’hôpital dévoilées par le gouvernement

Emmanuel Macron avait promis la semaine dernière des « moyens » et des « décisions fortes » pour répondre à la crise de l’hôpital. Les voici. Édouard Philippe a présenté ce mercredi 20 novembre le « plan d’urgence » souhaité par le président de la République, comprenant des efforts financiers et des « logiques de réorganisation » pour sauver l’hôpital public, dont le personnel est en grève depuis plusieurs mois. 

« Nous savons tous ce que nous devons à l’hôpital public », a déclaré le chef de Matignon, avant de reprendre un constat fait par Emmanuel Macron: « Nous ne cherchons aucune excuse mais nous héritons d’une situation qui vient de loin ». 

Enveloppe de 1,5 milliard, prime sur les bas salaires, aides au logement… Retrouvez ci-dessous les annonces faites par le premier ministre et Agnès Buzyn, visant à « redonner de l’oxygène à la communauté des soignants ».   

Débloquer l’intégralité des sommes mises en réserve

Première annonce faite par Édouard Philippe, une première enveloppe de 400 millions d’euros. « Nous allons débloquer dans les prochains jours l’ensemble des sommes mises en réserves au début de cette année afin qu’elles puissent être versées aux hôpitaux. Cela représente 400 millions d’euros », a déclaré le chef du gouvernement. 

Agnès Buzyn a commencé son allocution en évoquant le cas des professionnels qui vivent en région parisienne, « où les loyers sont très chers ». Pour les aider et renforcer l’attractivité de ces métiers en Île-de-France, la ministre de la santé a annoncé une « prime annuelle de 800 euros net pour les 40.000 infirmiers et aides-soignants qui  gagnent moins de 1900 euros par mois »[800 € par an soit 66,66 € par mois en plus soit un peu plus de 2,400 € par jour ouvré … un vrai pécule ! Là où il demandait 300 € d’augmentation par mois ! MC]

« Nous devons reconnaître la situation spécifique de Paris et de la petite couronne », a-t-elle justifié, évoquant des « sujétions », comme le logement ou la garde des enfants, qui « pèsent de manière déraisonnable dans le pouvoir d’achat de certains soignants ».

Par ailleurs, Agnès Buzyn a aussi annoncé une prime de 300 euros qui « pourra bénéficier à 600.000 professionnels de santé ». La ministre de la Santé a aussi promis de revaloriser la prime d’engagement dans la carrière hospitalière. 

Agnès Buzyn a aussi annoncé une prime de 100 euros net chaque mois pour les aides-soignants en gériatrie dès 2020. « Nous améliorons par ailleurs le départ à la retraite de l’ensemble des aides-soignants, en créant ce que l’on appelle un grade de débouché, pour leur permettre de partir à la retraite dans de meilleures conditions », a-t-elle ajouté.  

Augmentation du budget de l’assurance maladie de 1.5 milliards sur 3 ans

Le premier ministre a annoncé une augmentation de 1.5 milliard d’euros du budget de l’Assurance maladie sur 3 ans. « Cette augmentation sera proposée, et j’espère adoptée, dès la semaine prochaine, dans le cadre du projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale », a annoncé Édouard Philippe. « Cet argent vient en plus de la trajectoire budgétaire prévue par le gouvernement », a-t-il encore précisé.  

Reprise d’un tiers de la dette (10 milliards) 

Dans son propos liminaire, le chef du gouvernement a annoncé un « allègement significatif » de la dette des hôpitaux. Un geste qu’il a précisé plus loin, en expliquant que l’État prendra à sa charge un tiers de la dette du secteur. Un effort qui représente un coût de 10 milliards d’euros visant à « restaurer l’équilibre financier des établissements ». [En réalité cette dette et dû non pas à l’État, mais aux banques et organismes financiers divers … dettes contractées par les hôpitaux pour leur permettre de moderniser certains établissements ou d’acheter du matériel permettant meilleurs diagnostics ; dettes contractées à des taux que l’on peut considérer comme usuriers car remboursés en partie les agios viennent grossir artificiellement chaque année la dette, qui devient alors impossible d’éponger totalement, d’autant que la dotation de l’État a été restreinte dans des proportions gigantesques. MC]

Faciliter le recrutement

Toujours dans le même objectif de rendre attractives les carrières hospitalières, Agnès Buzyn a aussi annoncé que les procédures de recrutement « seront simplifiées » et que la liste de des postes vacants sera publié « au fil de l’eau »

Une enveloppe de 150 millions pour le matériel

Alors que les (mauvaises) conditions de travail sont dénoncées par le personnel hospitalier, Édouard Philippe a promis une enveloppe de 150 millions, spécialement dédiée à « l’investissement courant », comme « l’achat de petit matériel » ou la réalisation de travaux. « Je souhaite que ces enveloppes soient mises à la main des chefs de service et des chefs de pôles, afin qu’elles correspondent parfaitement aux besoins identifiés »


Romain Herreros. Huffington Post. Titre original : « Les mesures d’urgence pour l’hôpital dévoilée par le gouvernement ». Source


Note : nous aurons l’occasion très prochainement de disséquer ces annonces. Nous pensons qu’il est nécessaire de le faire tant les propos tenus qui seront certainement « enjolivés » dans les médias notamment radiophoniques et télévisuels par des pseudos experts « en tout et en rien » démontrant que cela vaut nettement mieux que rien … autrement dit vont enfoncer des portes ouvertes dans la méconnaissance générale d’un problème qui est d’une tout autre ampleur pour la santé de la population. MC