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Le président de la République n’a pas changé de méthode et ne respecte pas le fonctionnement des institutions.

La charge est forte, mais c’est en substance le message que les sénateurs ont envoyé jeudi en refusant d’adopter le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.

Les parlementaires de la Chambre haute sont entrés dans une colère noire en découvrant que le chef de l’État avait réservé l’annonce d’un « plan d’urgence conséquent » en faveur de l’hôpital aux chaînes d’info.

Emmanuel Macron a fait cette déclaration depuis Epernay (Marne) au moment même où le Sénat examinait le projet de loi de finances 2020 de la Sécurité sociale. Il n’en fallait pas plus pour irriter fortement les élus au palais du Luxembourg.

 «Le gouvernement demande de facto au Sénat de débattre d’un budget caduc, à l’aveuglette, et désormais insincère », a réagi Hervé Marseille. Le président du groupe Union centriste a averti que les sénateurs reprendront l’examen du texte quand le gouvernement «sera en mesure » de leur présenter un « budget stabilisé ».

Le projet de loi sera examiné en nouvelle lecture les 30 novembre et 1er décembre.

Du côté des sénateurs de droite, le président de groupe LR, Bruno Retailleau, a critiqué le chef de l’État. «C’est la pratique de l’Élysée vis-à-vis des ministres. C’est un désordre institutionnel alors que le Parlement a été inventé pour contrôler le budget. Tout est hyperconcentré. Emmanuel Macron était remonté à cheval après la crise des “gilets jaunes” mais il a oublié la leçon de cette crise. Donc, “Jupiter” et la verticalité de la décision sont toujours là. Et tout cela accroît le malaise démocratique», fustige Retailleau.

Pour les élus du Sénat, la ministre Buzyn n’est pas en cause, elle est plutôt une « victime » dans cette affaire. Lorsqu’elle leur a affirmé qu’elle ne connaissait pas encore les résultats de l’arbitrage budgétaire, ils l’ont jugée « sincère ». Et même dans un climat de séance parlementaire agité, les sénateurs avaient accepté de lui faire confiance et d’engager les travaux… jusqu’aux déclarations du président de la République.

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Emmanuel Galiero. Le Figaro. Titre original : «Le Sénat boycotte le projet de budget de la Sécu en dénonçant le «mépris» de Macron ». Source (extrait)