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 […] … notre pays n’agit guère pour réduire des émissions de gaz à effet de serre.

Les importations de matières premières ne cessent d’augmenter et, dans le pays, seule la production électrique tire son épingle du jeu, grâce aux centrales nucléaires. C’est pourtant ce secteur qu’Élisabeth Borne propose de démanteler, [selon] ses déclarations sur France Inter. Probablement pour d’obscures raisons politiciennes sur ordre de l’Élysée

Nous sommes à moins de trois semaines de la tenue de la Cop 25 qui se déroulera finalement à Madrid du 2 au 13 décembre 2020 après que le Chili a déclaré forfait comme pays organisateur.

Nous en profitons pour [étudier] le « rapport de synthèse » sur « l’environnement en France ». En rappelant que la ministre Elisabeth Borne en charge de la Transition écologique et solidaire préfère en parler le moins possible.

En page 72 de ce rapport figure le rappel suivant : « En France, la loi de transition énergétique pour une croissance verte (de 2015) fixe plusieurs objectifs : réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % en 2030 et 75 % en 2050 par rapport à 1990 ». Il note que cette réduction n’était que de -14,7 % en 2017 par rapport à 1990. Il rappelle ensuite que l’ambition de la loi de 2015 est de « porter la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie à 32 % en 2030 » et précise qu’on en était à 16 % en 2016. […]

Le 15 mai est notre jour du dépassement écologique en France

En page 80, le rapport relève que « selon le WWF, le 15 mai a été le Jour du dépassement écologique en France ». Cela signifie que si la population mondiale vivait et consommait comme les Français, elle aurait utilisé en seulement 4 mois, au regard de l’empreinte écologique, les ressources que la planète est capable de renouveler en un an. Or, ce jour du dépassement intervient au début du mois d’août pour l’ensemble de la planète. […]

En page 84, le rapport signale qu’en 2016, « La France a importé 341 millions de tonnes de matières et produits issus de pays étrangers, contre 286 millions de tonnes en 1990, soit une progression de 19 % depuis 1990. Ces importations concernent pour moitié des combustibles fossiles et pour 12 % les minéraux métalliques, ces deux types de matières n’étant plus extraits sur le territoire français ». […]

4, 8 millions de tonnes de soja importées par an

En page 130 du rapport, il est écrit que « La France importe et consomme d’importantes quantités de matières premières agricoles et forestières issues de la déforestation des forêts tropicales : soja (4,8 millions de tonnes) huile de palme (970 kilotonnes), cacao (460 kilotonnes). L’empreinte écologique de la France liée à ces importations représente 14,8 millions d’hectares, soit plus d’un quart de la superficie de la métropole et la moitié de la surface agricole française. Environ 5,1 millions d’hectares se trouvent dans des pays présentant un risque élevé de déforestation », dit encore ce rapport citant notamment le Brésil, l‘Argentine, la Côte d’Ivoire, l’Indonésie.

Globalement, ce rapport se contente de dresser un « état des lieux » sans proposer la moindre alternative au saccage de la nature induit par la course au profit dans cette économie capitaliste mondialisée. Il a toutefois le mérite de nous montrer que la France d’Emmanuel Macron n’a rien d’un bon élève dans la lutte contre le réchauffement climatique.


Gérard Le Puill. L’Humanité. Titre original : « Climat : regard sur le bilan carbone des importations en France ». Source (extrait) https://www.humanite.fr/climat-regard-sur-le-bilan-carbone-des-importations-en-france-680285


(1) Aux éditions Les Liens qui libèrent