Étiquettes

,

En prime trois coups de goupillon …

Verser un « forfait » aux victimes de prêtres pédophiles ?

Toujours aussi bien inspirés, les évêques de France, réunis la semaine passée à Lourdes, ont trouvé un mot qui va sûrement aller droit au coeur de tous ceux qui ont subi les forfaits sexuels des ecclésiastiques.

Les mitrés ont décidé que la somme versée « pour reconnaître les souffrances »serait la même quels que soient les cas rencontrés. Il n’y aura donc pas de « forfait enfant de chœur » ni de « forfait première communiante » ou de « forfait toutes options incluses ».

L’Eglise tend déjà la sébile aux « fidèles qui voudront bien [l’] aider ». La suggestion fait un tabac dans les paroisses, où les croyants ont du mal à comprendre pourquoi ils devraient casquer à la place des curés délinquants.

L’institution assure qu’elle est trop pauvre pour payer seule l’addition. La note ne devrait pourtant pas être extraordinairement salée. Comme le souligne « La Croix » (12/11), le montant du forfait ne devrait pas dépasser « quelques milliers d’euros » par personne. La commission spéciale, mise en place sous la houlette de l’ancien vice-président du Conseil d’Etat Jean-Marc Sauvé, ayant recensé jusqu’à présent 2.800 victimes, la facture totale devrait donc varier entre 6 et 30 millions.

Un chiffre ridicule comparé aux 4 milliards de dollars versés par l’Eglise américaine aux victimes du clergé local. Pour faire face, les évêchés US avaient dû vendre leurs biens et 15 d’entre eux s’étaient déclarés en faillite.

Bien moins riche que son homologue américaine, l’Eglise française dispose encore de quelques beaux restes, principalement sous forme d’immeubles ou de terrains.

Sans compter la fortune immobilière détenue par le Vatican à Paris par l’intermédiaire de la société Sopridex : la vente de deux ou trois de sa dizaine d’immeubles de prestige suffirait largement à régler la douloureuse…


Article signé des initiales : H. L. Le Canard enchaîné. 13/11/2019