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Malgré un «gouvernement qui a tout fait pour que l’information ne circule pas, a pointé le premier secrétaire du PS, qui participait à une conférence de presse au Sénat avec des socialistes, des communistes, des écologistes et des insoumis.

Depuis que les oppositions ont uni leurs forces, de la gauche jusqu’à quelques élus LR, pour enclencher un référendum d’initiative partagée (RIP) contre un article du projet de loi Pacte (sur les entreprises) portant sur la privatisation d’ADP, le gouvernement a fait ce qu’il a pu pour les décourager.

Furieux de cet habile coup monté au printemps dans le plus grand secret des deux Chambres, Matignon avait tenté de faire capoter l’initiative approuvée par 248 parlementaires en écrivant au Conseil constitutionnel. Le gouvernement dénonçait un détournement de l’esprit du RIP pour jouer le match retour du débat législatif. En vain.

Puis le ministère de l’Intérieur, chargé de collecter les paraphes citoyens, a traîné des pieds avant de recevoir les oppositions pour répondre à leurs questions sur les réglages pratiques de cet exercice encore jamais tenté.

C’est ensuite le formulaire, à remplir sur un site multipliant embûches et plantages, qui a concentré les griefs des pro-RIP.

Depuis cinq mois, les ministres et la majorité se font de même très discrets pour éviter que la mayonnaise ne prenne. De quoi agacer les opposants à la privatisation d’ADP qui dénoncent un deux poids-deux mesures.

« La campagne pour la privatisation de la Française des jeux a été très bien faite », compare le président du groupe PS au Sénat, Patrick Kanner, tandis que le sénateur (PS) Rachid Temal rappelle « le budget de communication de 12 millions d’euros pour le grand débat national ».

Qu’à cela ne tienne, les initiateurs du RIP comptent intensifier leur campagne avec les moyens du bord. Ils feront diffuser des spots radio sur le réseau France Bleu et France Info, financés par les 248 députés et sénateurs signataires de la proposition de loi à l’origine de la procédure de RIP. Et certains comptent aller, le 19 novembre, à la rencontre des maires qui tiennent leur congrès annuel à Paris.

Les parlementaires de droite favorables au RIP (minoritaires dans leur camp) joueront-ils le jeu ? Leur absence à la conférence de presse a été remarquée. « Nous sommes partis rassemblés, nous arriverons rassemblés », assure Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat, qui en veut pour preuve les réunions, chaque mardi, du collectif avec les élus LR.

Mais la marche est haute jusqu’au référendum et l’objectif des 4,7 millions de signatures (10 % du corps électoral) encore difficilement atteignable dans les quatre mois de campagne restants. Les oppositions espèrent en revanche franchir le million d’ici à la fin de l’année ou début 2020.


Laure Equy. Libération. Titre original titre original : « Référendum ADP : 1 million qui pèse lourd ». Source (extrait)