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Jusqu’à maintenant, en Écosse, les parents étaient autorisés à faire usage d’une force physique « raisonnable » pour éduquer leurs enfants. Mais, au début d’octobre, les parlementaires ont adopté une loi anti-fessée extrêmement controversée.

NON C’est une atteinte à la liberté – Spiked (extraits), Londres

L’Écosse vient d’interdire la fessée. Le mois dernier, […] les membres de son Parlement ont décidé que le fait, pour les parents, de discipliner leurs enfants en les fessant constituerait désormais un délit. Quelle décision odieuse et autoritaire ! C’est une ingérence scandaleuse dans la souveraineté de la famille, une violation du droit des parents à choisir par eux-mêmes comment élever leurs enfants. […]

Les parents corrigent leurs enfants par amour

  • Pour ces gens-là, le mot « discipline » est une injure.
  • Il peut leur arriver de dire à leurs rejetons qu’ils ne sont pas gentils, mais une calotte ?
  • une tape sur les fesses ?
  • un mot sévère au gosse qui se donne en spectacle ? Pas question. C’est du fascisme, ça, hein ?
  • À leurs yeux, les familles des classes laborieuses, immigrées et religieuses, qui ont tendance à user de méthodes de discipline traditionnelles, ne sont rien de moins que criminelles.

Et maintenant, en Écosse, […] la nouvelle loi interdit même le recours à une force physique « raisonnable » contre les enfants […], est présentée comme une loi de « protection équitable » parce qu’elle assure aux enfants la même protection contre « l’agression » que celle dont bénéficient les adultes. […]

Les croisés élitistes de la lutte anti-fessée commettent une erreur fondamentale. Ils croient que le fait de corriger son enfant est une agression, qu’il s’agit d’un acte de violence. Ce n’est absolument pas le cas. Les parents corrigent leurs enfants par amour, non par haine. […]

Il est ridicule de penser que, puisqu’il est interdit de frapper des adultes, il devrait être interdit de fesser des enfants. [Nos] enfants […] sont dépendants [de leurs parents ou tuteurs ], ils ont besoin d’être guidés et parfois contrôlés afin de développer leurs relations sociales. Et la fessée constitue, ou devrait constituer, un élément tout à fait acceptable de ce processus.

[…] Les parents devraient appliquer les méthodes de discipline qui fonctionnent le mieux pour leur famille et eux-mêmes. Cela ne devrait en aucun cas être l’affaire de l’État. […] Auteur Brendan O’Neill, publié le 3 octobre 2019

OUIIl en va de la santé des enfants – The Guardian, Londres

En rendant la fessée illégale, le Parlement écossais montre l’exemple aux autres nations du Royaume-Uni et aux pays dans le monde qui n’ont toujours pas adopté de législation en la matière (ce qu’ont déjà fait la plupart des pays européens, suivant la voie empruntée par la Suède dès 1979).

Au lieu de créer un nouveau délit, la nouvelle loi supprime la possibilité d’invoquer une « violence justifiée » (une ligne de défense autrefois utilisée par des adultes pour justifier leur violence contre un enfant). La loi offrira désormais les mêmes protections aux victimes, quel que soit leur âge.

L’Angleterre, le pays de Galles et l’Irlande du Nord doivent à présent redoubler d’efforts pour protéger tous les enfants du Royaume-Uni des « punitions raisonnables » (l’équivalent des « violences justifiées » en Écosse) qui autorisent de fait les parents ou autres adultes à frapper des enfants, parfois des bébés, tant que leurs coups ne laissent pas de trace visible.

Il n’y a plus grand monde aujourd’hui qui défende le principe de châtiment corporel. Depuis des dizaines d’années les preuves s’accumulent : ces violences sont plus nuisibles que profitables pour le développement émotionnel et la santé mentale des enfants. La plupart du temps, les adultes qui frappent des enfants le font lorsqu’ils sont furieux et ont perdu la maîtrise d’eux-mêmes (autrement dit, dans le même état que s’ils s’attaquaient à d’autres adultes).

[…] Dans une démocratie, les lois sont les règles que nous choisissons de respecter. Cette idée que l’État infantilise les citoyens empêche de voir les bénéfices qu’ils pourraient retirer s’ils changeaient certains de leurs comportements. […].


Lu dans courrier international : source (extrait)


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