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Le télétravail est à la mode, mais le nombre de salariés qui en profitent et les conditions dans lesquelles ils exercent leur métier sont encore mal connues.

Une étude de la Dares, une direction du ministère du Travail, [analyse que] le télétravail, même s’il progresse, reste une pratique encore peu répandue. Seuls 3 % des salariés télétravaillaient au moins un jour par semaine en 2017, c’est-à-dire avant la réforme du Code du travail qui en assouplit les conditions.

Chez les cadres, cependant, le télétravail est plus courant, puisque 11 % d’entre eux y recouraient déjà avant la réforme. La pratique touchait même presque un quart des cadres appartenant à une famille monoparentale.

Une des grandes conclusions de l’étude, c’est que les cadres télétravailleurs ne sont ni plus ni moins satisfaits de leur travail que leurs collègues qui ne pratiquent pas le télétravail.

Pour les économistes de la Dares, « tout se passe comme si les avantages du télétravail étaient contrebalancés par une moins bonne santé et de moins bonnes conditions de travail ».

En effet, les cadres qui télétravaillent au moins deux jours par semaine travaillent plus que leurs collègues et travaillent plus souvent le soir. « Les télétravailleurs intensifs ne bénéficient pas d’une meilleure conciliation de leur vie privée avec leur vie professionnelle », constate ainsi Amélie Mauroux, adjointe au chef du département […]

Risques psychosociaux

[…],  souvent, les entreprises qui incitent les cadres au télétravail sont en pleine réorganisation.

  • 21 % des cadres télétravailleurs font partie d’une entreprise qui a procédé à un plan de licenciement.
  • 47 % des cadres télétravailleurs disent ressentir un risque important de perdre leur emploi, contre seulement 12 % des personnes qui ne sont pas en télétravail.
  • 10 % des cadres télétravailleurs sont en situation de handicap
  • 17 % sont en risque dépressif.

En moyenne, l’état de santé de ces télétravailleurs intensifs est moins bon que celui de leurs collègues. […]

[…], les entreprises qui licencient et se réorganisent ont tendance à privilégier le télétravail, ce qui pourrait expliquer le sentiment de risquer de perdre son emploi. […]

[…] Reste que la condition sociale du télétravailleur en ce début de XXIe siècle apparaît peu enviable.


Guillaume de Calignon. Les Echos. Titre original : « La difficile condition sociale du cadre télétravailleur ». Source (extrait)