Étiquettes

,

Nous l’avions annoncé dès sa création, transposer le service public du rail sur les routes à travers une bardées autocars venant encombrer les routes …

… d’une part, polluer d’autre part n’était pas la solution même si, il faut bien le reconnaître, le cout du voyage consenti aux usagers, réalisé dans des conditions spartiates, est tout à fait incitatif, tout en étant long et pas à l’abri d’une surcharge du trajet routier allongeant les temps des itinéraires déjà fort longs. Il eût mieux fallu poursuivre l’exploitation de certains réseaux ferrés secondaires en incitant les usagers à l’employé par des couts de voyages adaptés. MC


Un mort et dix-sept blessés sur l’A61 dans l’Aude, le 6 octobre 2019.

Trente-trois blessés, dont quatre graves, sur l’A1 dimanche 3 novembre 2019 dans la Somme.

Triste loi des séries, conséquence d’une météo difficile ou signe inquiétant d’une dégradation des conditions de sécurité des cars Flixbus?

« Evidemment, tant que les enquêtes sur les deux accidents respectifs n’ont pas rendu leurs conclusions, ça ne sert à rien de spéculer, avertit Abdelhamid Fertas, chauffeur Flixbus […] de la société France Ligne Express, créée par Autocars Pays de Savoie (APS) pour l’exploitation des lignes Flixbus. Ce que je peux dire néanmoins, c’est que malheureusement, dans de nombreux cas, les conditions de sécurité, pour les voyageurs, comme pour nous les chauffeurs, ne sont pas réunies. »

«On est parfois à deux doigts de s’endormir au volant»

En cause, pointe-t-il, une pression pour que les chauffeurs effectuent des voyages supplémentaires, malgré une réglementation très restrictive en la matière. « C’est simple, quand je suis arrivé dans cette compagnie, en juin 2018, explique Abdelhamid, on m’a rapidement demandé de faire des allers-retours de jour, en plus de ceux que je faisais la nuit. Comme j’étais en CDD, je n’ai pas osé dire non. »

Depuis près de trois ans, ce chauffeur quitte la gare de Grenoble (Isère), le soir à 21h30, pour rejoindre Bordeaux (Gironde) exactement dix heures plus tard, à 7h30. Et cela quatre fois dans la semaine. Soit deux allers-retours. La réglementation exige normalement au moins 45 heures de repos entre deux vacations hebdomadaires. Une durée qui n’est bien souvent, selon lui, pas du tout respectée. « On nous demande régulièrement de faire des allers-retours supplémentaires de jours, explique-t-il. Or passer d’un horaire de nuit à celui de jour sans un repos suffisant peut s’avérer extrêmement perturbant pour l’organisme. C’est comme subir un décalage horaire entre ici et l’autre bout de la Terre. Résultat, on est parfois franchement à deux doigts de s’endormir au volant. » […]

Une exception ?

Malheureusement non, affirment plusieurs [chauffeurs].

« Cette activité de transport de voyageurs par autocar est encore toute récente, puisqu’elle n’est autorisée en France que depuis 2015, rappelle Baptiste Arsale, secrétaire général de l’UNSA Transport. Elle s’exerce dans un secteur très concurrentiel. Deux critères qui peuvent pousser les compagnies à rogner sur les coûts, et donc dans certains cas sur la sécurité. »

Un important mouvement de consolidation s’est effectivement opéré ces derniers mois. BlaBlaCar, le leader du covoiturage, a ainsi racheté à la SNCF sa filiale Ouibus en novembre 2018.

[…] Flixbus, champion européen des voyages par autocar sur le continent, a lui-même repris à Transdev au mois de mai les deux autres concurrents en France : Eurolines et Isilines. Le marché se résume donc désormais à un duopole entre deux marques qui, jusque-là, se côtoyaient sans réellement se marcher sur les pieds : Flixbus, d’un côté, et Ouibus de l’autre.

[…]

Les syndicats réclament donc une première mesure d’urgence : le renforcement des contrôles sur la route. « Depuis trois ans que je suis rentré dans ma boîte, ni moi, ni aucun de mes collègues n’avons été contrôlés par les forces de l’ordre », affirme Abdelhamid. « Il faut agir comme pour d’autres branches du secteur, estime pour sa part Baptiste Arsale. Les transporteurs routiers sont bien mieux surveillés. Ce n’est pas normal. » […]


Erwan Benezet. Le Parisien. Titre original : « Flexibus : des accidents qui inquiètent les syndicats ». Source (extrait)


Conclusion : comme d’habitude, d’abord la rentabilité financière grâce entre autres aux grands nombres de rotations des cars, l’humain conducteur pressuré comme un citron, des bus de moins en moins vérifiés, sécurisés. MC