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Serait-ce « la grande peur » au gouvernement et l’Élysée …

Que ce soit à Matignon, aux Transports, à la Santé, au Travail ou à l’Intérieur, les membres du gouvernement saturent l’espace médiatique pour tenter d’éteindre les foyers de contestation.

Dé-mi-ner.

Alors que les fronts de contestation sociale se multiplient, touchant les hôpitaux, les transports, les policiers et, depuis vendredi 1er novembre, les chômeurs, le gouvernement n’a plus que cette obsession en tête.

Exhortés par le chef de l’Etat à faire preuve de pédagogie, mais aussi de fermeté, les ministres en responsabilité saturent l’espace médiatique.

  • Le 19 octobre, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux Transports, (qui a pris le relais d’Elisabeth Borne, recentrée sur l’écologie), « Le problème, c’est qu’il n’est pas identifié, pointe un conseiller gouvernemental. Aussi a-t-il improvisé une sortie à la gare de l’Est, escorté du Premier ministre Edouard Philippe, afin de dénoncer une « grève » sauvage de la SNCF.
  • Le 22 octobre, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, promet de nouvelles annonces après que le budget de la Sécurité sociale a été jugé insuffisant par le personnel hospitalier.
  • Mardi 29 octobre, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, annonce une prime aux policiers, recouvrant 3,5 millions d’heures supplémentaires non payées.
  • Vendredi 1er Novembre, c’est au tour de Muriel Pénicaud de faire le service après-vente de sa réforme de l’assurance chômage, vilipendée par les syndicats.

En première ligne, ces ministres risquent gros.

  • Si ça dégénère [à la SNCF] , les gens ne demanderont pas [la tête de Jean-Baptiste Djebbari], mais celle de Macron. »

Le président de la République tient toutefois à distinguer le mouvement de la SNCF, rejeté par l’opinion publique, des autres conflits sociaux, jugés plus « empathiques ».

Voilà pourquoi il monte lui-même au créneau sur le dossier des hôpitaux, reconnaissant « la souffrance des personnels de santé » sur RTL cette semaine, après avoir décidé « personnellement », selon un conseiller, des 750 millions d’euros alloués au premier plan d’urgence, en septembre.


Valérie Hacot et Gaëtane Morin. Le Parisien. Titre original : « Contestation sociale : les ministres tentent de jouer les démineurs ». Source (extrait)