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On risque de lui rappeler longtemps cette couverture.

« Tête à tête avec Macron », titre cette semaine l’extrême droitier magazine «Valeurs actuelles» dont un rédacteur en chef a pu s’entretenir (à la demande de l’Elysée, précise le journal) avec le chef de l’Etat lors de son vol de retour de la Réunion.

La gauche risque surtout de lui rappeler longtemps les termes retranscrits dans ce long récit, réservés jusque-là aux responsables d’extrême droite : association «droits-de-l’hommistes main sur le cœur» d’aides aux réfugiés, «tiers-mondisme non-aligné aux relents marxistes» pour qualifier la manifestation du 19 octobre, place de la République à Paris, après la polémique sur le voile lancée par un élu régional du Rassemblement national… Ou bien lorsqu’il expose son «objectif […] de sortir tous les gens qui n’ont rien à faire là». Combien, questionne le journal ? «100%», répond Emmanuel Macron.

Question : déraille-t-il complètement ou fait-il déjà, pour son parti (pardons son mouvement) LR-EM, les campagnes pour les prochaines échéances électorales, considérant que la seule organisation politique constituée capable de lui mettre des bâtons dans les roues de sa charrette est le très droitier RN. Considérant ainsi qu’aucune force en passe de le déranger dans ses choix politiques n’existent à gauche, ni auprès des écolos. Il y aura certainement pas mal de désillusions parmi les tenants de la Macronie, dans les prochaines échéances électorales. MC

Alors qu’il avait fait très attention, lors de son déplacement dans l’océan Indien et dans ses récentes prises de parole publiques, à bien séparer les questions d’immigration de celles de l’islam et de la lutte contre le communautarisme, voilà qu’Emmanuel Macron accepte dans cet entretien de mélanger les sujets, expliquant que «s’additionne]nt]» «fait migratoire» et «fait religieux».

S’il rejette d’emblée les «fantasmes» de l’extrême droite sur l’immigration, il se lance à nouveau dans une grande démonstration sur les «chiffres» de sa politique en la matière : «Quand j’arrive, en 2017 […], on donne de plus en plus de visas. Un : est-ce que ce choix est étayé ? Non ! Il n’y a pas de cohérence. Deux : on ne reconduit plus les gens qui arrivent illégalement sur le territoire.» 

Le chef de l’Etat se félicite ensuite d’avoir de «meilleurs chiffres» de reconduites à la frontière, donnant l’impression à l’auteur de l’article d’être «débord]é] par la droite» : «Pourquoi avait-on des mauvais chiffres ? Parce que les délais d’instruction des dossiers étaient trop longs, assume Macron. Moi, je ne cède rien sur l’asile, mais je le donne à qui de droit.»

Reprenant également l’idée largement répandue par l’extrême droite que les immigrés viendraient en France pour profiter du système social français, le président de la République affirme : «Notre système est plus généreux. Ça ne va pas. Je vais dire qu’on n’est plus solidaires de cette manière.» 

Et Macron de critiquer les bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME) venus en France avec un visa touristique, et de défendre la mise en place d’un «délai de carence» pour les demandeurs d’asile qui bénéficient de la «prestation universelle maladie», «beaucoup plus généreuse que l’AME». 

[…]


Lilian Alemagna. Libération. Titre original : « Macron chasse très à droite chez « valeurs actuelles » ». Source (extrait)


Note n’engageant que l’auteur de ces lignes : la suite de l’article est dans la même veine. Un amas de propos très inquiétant d’autant que le personnage entendait faire au cours de sa mandature, dixit : « une politique ni de droite ni de gauche » (ou l’inverse s’il vous plait), autrement dit, avoir un positionnement médian qui devait trouver écho auprès de la plus grande majorité de la population.

Avec ses propos assumés, entendrait-il battre sa coulpe, en contredisant ses propos tenus lors de sa candidature à la présidentielle, sauf que chez lui, point de « mea culpa » programmé, seul un orgueil démesuré et un entourage inféodé, lui fait croire qu’il est le Messie désigné pour gouverner la France avec le but de lui rendre une gloire ayant parfois existé en d’autres périodes, et surtout parce qu’ils avaient à leur tête, des personnalités d’une toutes autres statures. MC