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Les épisodes sont peu visibles, mais de plus en plus récurrents.

Dans l’Hémicycle, des députés La République en marche s’organisent ponctuellement pour faire battre le gouvernement et la majorité du groupe. Ces votes n’ont, à ce stade, aucune incidence sur l’orientation ou l’adoption des réformes. Le phénomène concerne des amendements votés contre l’avis du gouvernement, rejetés ensuite en seconde délibération. Mais ces initiatives révèlent a minima un besoin d’émancipation, au pire un profond malaise.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre, contre l’avis du gouvernement, les députés ont ainsi voté plusieurs amendements prévoyant dans le budget un coup de pouce de 15 millions d’euros pour l’Agence nationale du sport.

Au banc, le ministre Gérald Darmanin a vu rouge. « Moi je veux bien, mais s’il n’y a pas de majorité pour soutenir le gouvernement, je vais me coucher! La fin du quinquennat va être difficile… », a-t-il sermonné, pendant la suspension de séance. […]

« Un accident », évacue l’entourage du président du groupe, Gilles Le Gendre.

Quelques jours plus tôt, en plein examen du projet de loi bioéthique, le gouvernement s’est fait surprendre quand les députés (dont certains issus de la majorité) ont voté la reconnaissance de la filiation d’enfants conçus par GPA à l’étranger, défendue par le rapporteur Jean-Louis Touraine (LR-EM) et rejetée ensuite.

« À un moment donné, si ça continue comme ça, perdra bientôt dans une seconde délibération! », s’alarme un député de la majorité.

À chaque fois ou presque, le procédé est le même: l’auteur de l’amendement identifie ses collègues susceptibles de voter avec lui puis crée une boucle dédiée sur le réseau de messagerie Telegram. Et juste avant le vote, il bat le rappel pour que les députés débarquent dans l’Hémicycle pour lever la main. […]

Ces comportements inquiètent le couple exécutif.

Le sujet a d’ailleurs été évoqué le 22 octobre dans le huis clos du petit-déjeuner de la majorité, autour du premier ministre. De son côté, la secrétaire d’État Marlène Schiappa préfère les encourager. « Au moins, les députés n’ont pas peur. À mi-mandat, c’est normal qu’ils veuillent porter leurs sujets. » Sauf que les députés dits « légitimistes » ne supportent plus ces sorties de route. « C’est simple, ils n’ont toujours pas compris la logique majoritaire », tacle un député LR-EM, transfuge du PS. […]

Dans ce contexte, les élections municipales et son lot de déceptions font craindre de nouvelles turbulences. Certains députés, pourtant mis en garde par le parti sur les risques d’une défaite, veulent se présenter coûte que coûte. […]


Mathilde Siraud. Le Figaro. Titre original : « A l’approche de la débandade, la majorité dans tous ses états ». Source (extrait)


Note tout à fait personnelle sur le sujet…

Nous constatons, il faut bien vous l’avouer, avec une certaine délectation, que ce mouvement conçu, dirigé et organisé par et pour le locataire temporaire de l’Élysée, qui entendaient s’absoudre des problèmes rencontrés dans les différents partis politique institués, structurés, ce mouvement « cousu main », constitué de personnes élues, issues certes, de gens aux vestes réversibles, venant de partis politiques, complétées par quelques personnalités issues de la société civile, soit confronté aux mêmes problèmes de tendances, d’appréciations et d’intérêts différents, quant à l’adoption de lois destinées à changer (ou restreindre) le comportement des Français dans la société. MC