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Non, rassurez-vous nous ne sommes pas dupes et nous sommes bien conscients que si cette compagnie d’assurance s’intéresse à l’écologie, c’est aussi, et avant tout, parce qu’elle attend des retombées économiques, d’acquérir par cette démarche de nouveaux adhérents. Il en reste pas moins vrai que si toutes les entreprises faisaient un geste en faveur de l’écologie en informant chacun de ses salariés, sociétaires, dirigeants, etc. de la nécessité de bouleverser nos comportements, nos habitudes, cela serait une bonne chose. MC

Face aux défis climatiques et écologiques, l’assureur MAIF est déterminé à accélérer le passage vers un monde sans déchets et moins émetteur de gaz à effet de serre.

Petits ou grands gestes, peu importe: chaque acte compte!

Certains trouveront la date anecdotique… Le 17 juin 2019, pourtant, les gobelets et touillettes ont disparu du siège de l’assureur à Niort. D’ici à la fin de l’année, ce sera le cas pour l’ensemble des sites de travail. Le même jour, les poubelles individuelles ont disparu des bureaux, au profit de boîtes de tri collectives.

Brutales, ces mesures?

« Elles étaient indispensables pour lutter contre la prolifération des déchets plastique qui, contrairement aux autres, ne sont pas recyclés en totalité. Idéalement, nous aimerions ne plus en produire… », explique Marion Chomel, qui pilote le dossier écologie pour l’assureur. Ce nouveau coup d’accélérateur de notre responsabilité sociale d’entreprise s’inscrit dans le contexte tendu du réchauffement climatique.

L’assureur-entreprise de services, ne peut être comparée aux centrales à charbon, qui émettent à elles seules 20 % du CO2 de la planète. Mais cela ne l’empêche pas d’agir. En tant qu’investisseur institutionnel, il participe à la réussite du scénario « 2°C de réchauffement, pas plus » décidé à la Conférence de Paris en 2015. Des mesures fortes ont déjà été prises: 100 % de l’électricité et du gaz consommés par l’assureur sont issus de sources renouvelables et le secteur charbon a été exclu des investissements directs du groupe.

« Une dotation de 50 millions d’euros pour le fonds MAIF Transition »

Présenté aux Rencontres MAIF de Nantes, le 31 mai dernier, le fonds d’investissement MAIF Transition permettra d’aller plus loin encore. Il financera majoritairement des exploitations agricoles d’un nouveau type, où La production est réalisée à l’abri de panneaux solaires.

Ainsi, les deux révolutions nécessaires sont menées de front: à la fois transition vers une agriculture bio et sortie du carbone. Le fonds MAIF Transition a été doté de 50 millions  d’euros au démarrage. Les dirigeants de l’assurance envisagent de le faire monter en puissance pour atteindre rapidement 400 millions d’euros.

Agir pour le bien commun

Pour transformer positivement nos sociétés, Dominique Mahé, président de l’assurance, propose un mot d’ordre très simple: « Faisons en sorte, pour chacun de nos gestes, d’agir pour le bien commun et l’environnement. En commençant au plus près de nous. » Pour Sébastien Mariojouls, réparateur partenaire dans le Tarn, le terrain est favorable: « Les sociétaires de l’assureur sont déjà sensibilisés au développement durable. J’ai beaucoup plus de facilité à les convaincre d’accepter une réparation au moyen de pièces issues de l’économie circulaire. Les salariés et les militants de l’assurance partagent eux aussi cette volonté d’agir. À l’heure d’internet, il est impossible d’ignorer les problèmes », témoigne Roxane Arthur, téléconseillère à Bordeaux. « Cependant, c’est en pratiquant l’équitation que j’ai pris conscience du dérèglement climatique. Les terrains se desséchaient, les installations se dégradaient… Et, l’hiver, nous étions envahis de tiques qui s’attaquaient aux chevaux. » « Au point que j’ai tout plaqué pour m’installer sur une île polynésienne où j’ai appris à vivre très simplement. De retour en métropole, j’ai conservé un mode de vie à faible impact, au point de ne plus acheter de vêtements neufs. »

Passer à l’action

Régulièrement, l’assureur invite des conférenciers, chargés de sensibiliser ses salariés, ses militants et ses sociétaires aux évolutions sociétales. En juin 2019, l’inventeur du bilan carbone, Jean-Marc Jancovici, a jeté un froid en assénant la réalité brutale des chiffres. « Malgré les discours, le charbon est la source d’énergie qui a connu la plus forte croissance entre 2000 et 2017 », indique-t-il par exemple. D’autres intervenants proposent de passer à l’action et d’adopter sans plus tarder un mode de vie « zéro déchet ». « Ces conférences nous sensibilisent et nous mobilisent », témoigne Carine Guérin, chargée d’étude en organisation. « Quand je fais mes courses, j’apporte mes propres contenants, et je fabrique mes produits d’entretien depuis plusieurs années. J’en parle souvent en famille, à mes amis et à mes collègues, dans l’espoir de les convertir. »

Le plan d’action développement durable, déployé depuis 2003, est appelé à prendre une ampleur grandissante. La mise en place de méthodes de management basées sur la confiance, l’envie et l’agilité est d’un secours précieux. Le service chargé de l’entretien des espaces verts de l’assureur, en mobilisant toute son équipe, a pu exprimer sa créativité, bien au-delà des obligations légales. « Nous avons installé des bacs et des vergers où chacun peut se servir en aromates et fruits de saison. Il y a aussi des ruches, des hôtels à insectes… Tout est fait pour entretenir la biodiversité. Bientôt, des outils et des manuels seront mis à la disposition de tous ceux qui se lancent dans le jardinage », énumère Frédéric Rimbault, responsable du service. Dernière trouvaille, expérimentée sur plusieurs sites: l’écopâturage ou l’art de remplacer la bruyante tondeuse par un ravissant troupeau de chèvres. Quelques grammes de CO, en moins, et plusieurs kilos de déchets compostables en plus!


Article non signé – Lu dans la Mag de la MAIF n° 181.