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Ou plutôt posons-nous la question (absurde nous vous l’accordons !) pourquoi ont–ils « supprimé-retiré» la présence humaine, dans les services publics aux profits du tout informatisé ? Et puis avec l’administration, pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ?

Le 2 août, Patrick contacte le commissariat de Saint-Herblain (Loire-Atlantique) pour déclarer la perte, la veille, de son permis de conduire et obtenir, dans la foulée, une attestation valant autorisation de conduire pendant deux mois.

Cul-de-sac ! « Vous devez obligatoirement faire votre déclaration sur le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) », l’informe aimablement l’agent d’accueil.

Simple et rapide ? En principe.

  • À J+2, après une longue « promenade » sur ledit site, Patrick comprend que sa photo d’identité dématérialisée doit être réalisée et envoyée par un photographe agréé par l’ANTS, qui émet alors un identifiant à 22 caractères à saisir lors de la télé-déclaration. Soit ! Patrick trouve un professionnel équipé dans le centre de Nantes, mais c’est le week-end…
  • A J + 6, sa trombine immortalisée, Patrick entreprend d’entrer sur le site le fameux code de sa e-photo. Léger hic, le système ne l’accepte pas. Explication du service d’assistance de l’ANTS, le 3400 : « Le système est parfois lent. Soyez patient… »
  • A J + 7, nouvelle tentative infructueuse, et nouvel appel au 3400: « Les codes commençant par 1, 2 et 7 ne sont, pour l’instant, pas admis par le système » Las ! notre automobiliste aura le choix entre : 1. Patienter… encore … ou 2. Envoyer par courrier à l’ANTS une photo d’identité classique. Faudrait savoir !
  • J + 13, un MMS l’informe que sa demande est transmise au service de l’Etat pour instruction. Champagne ! Sauf que, vingt-deux jours après la perte de son permis, toujours pas l’ombre d’un bout de papier… Pratique, quand on habite à 3,5 km du premier commerce.

De retour à La Réunion, où il séjourne à l’année, Patrick tente de gagner du temps en contactant les services locaux…

  • Nouveau bug.

Heureusement, peu après, le 3400 lui répond pour lui signifier que son attestation d’autorisation de conduite lui parviendra dans un délai de quatre semaines à partir du dernier MMS (celui du 14 août), soit à J + 41.

Coup de bol inouï : il l’a reçue quelques jours avant !

Elle est pas belle, l’administration ?


Article signé des initiales E. J.– Le Canard Enchainé – 23/10/2019